Quand on est un dévoreur de livres, le format importe peu. Ce n’est pas tout à fait vrai ! Car livre ou liseuse s’adapte à merveille en fonction de la situation. Certes, il y aura toujours les puristes pour qui le livre numérique est une abomination. À les entendre, il pourrait leur brûler la rétine au moindre contact. Pour ma part, j’aime l’odeur et le charme d’un livre tout neuf, la sensation des pages et même la détresse quand j’en corne une trop vigoureusement. Néanmoins, le format numérique s’est avéré avoir de bons côtés. Pour lire dans le noir, je sors ma liseuse numérique quand madame dort à mes côtés. Dans le métro une main me suffit pour m’occuper durant tout le trajet, même serré comme une sardine entre la porte et le strapontin. Y’a pas à dire les deux ont du bon. Alors plutôt que de s’écharper sur les préférences de chacun, voyons le verre à moitié plein !

Page après page, le charme du livre papier opère

Pour beaucoup, il s’agit d’un objet particulier, qu’on a plaisir à posséder et à garder. Chez soi comme chez les autres, il est agréable de contempler une bibliothèque bien garnie. Notre regard avide se laisse glisser le long des rayonnages pour lire les titres que l’on reconnait, ainsi que le nom d’auteurs en commun. Cependant, la dernière étude de Livres Hebdo tire la sonnette d’alarme avec un recul de 1,7% des ventes de livres sur 2018. Les chiffres baissent pour la seconde année consécutive, mais le papier est nettement dominant devant le format numérique avec 95 % du marché français.

Entre charme et tradition, le livre papier reste un incontournable dans notre cœur. Faisant appel à plus d’un sens, il ne se limite pas à la vue. Encore vierge, il est teinté de mystère. Une fois terminé, il a véhiculé un attachement que l’on ressent aussi bien physiquement qu’en fonction du récit. La sensation du livre dans la main tient une réelle importance pour de nombreux lecteurs. De la couverture au papier utilisé, le toucher joue un rôle essentiel. Il en est de même pour toutes les particularités qui le caractérisent comme sa souplesse, un éventuel mot de l’auteur, des illustrations, son poids, son odeur, et même les erreurs d’impression. Le livre papier est un vecteur physique d’émotions. On apprécie autant l’angoisse et le suspens ressenti en arrivant aux dernières pages que la satisfaction d’avoir lu toute une rangée de bouquins.

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Le principal point de comparaison entre le livre papier et le livre numérique est la notion de partage. L’échange et la vente de livre d’occasion a toujours fait partie du cycle de vie d’un roman. Quand on a aimé une histoire, il est exaltant de la faire partager avec nos proches. Les brocantes sont également des lieux très appréciés dans notre culture pour continuer à faire vivre des livres usagés et procurer les mêmes émotions à d’autres lecteurs. Contrairement à une liseuse numérique, la simple vue d’un livre que l’on reconnait chez quelqu’un donne naissance à un échange d’impressions et d’avis animé.

Il est également important d’aborder l’aspect écologique. Les deux supports engagent un impact environnemental radicalement différent rendant la comparaison difficile. Souvent reprochée par l’industrie du livre numérique, l’empreinte carbone de la production d’un livre de poche tourne autour de 2,7 kg de CO2. Notons tout de même que si le livre numérique est écolo, ce n’est pas le cas de la liseuse. Sa fabrication fait appel à une extraction polluante des matières premières comme le lithium, pour un total avoisinant les 160 kg de CO2 émis. Pour être rentable écologiquement parlant, il faut consommer au minimum 15 livres numériques par an sur sa liseuse.

La lecture 2.0 ça a du bon !

Même si le livre numérique est loin des 20 % de parts de marché escomptées, plus de 14 millions d’unités ont été vendues en 2018. Une croissance de 6 % qui continue d’augmenter selon l’étude de l’Institut de sondage Gfk. Un attrait largement encouragé par l’utilisation des liseuses numériques. Les utilisateurs sont nombreux à se voir rassuré par leur côté pratique, sans la pression du livre épais qu’on a peur de ne jamais finir. Légère et capable de stocker toute une bibliothèque dans la poche, la liseuse numérique a su convaincre de nombreux lecteurs. Il est vrai qu’elle gagne plus facilement le cœur des adeptes des nouvelles technologies plutôt que les nostalgiques des livres de la bibliothèque rose ou verte des années 80 et 90.

Sans forcément porter atteinte au livre papier, la liseuse apporte son lot d’améliorations. Elle bénéficie d’un rétroéclairage réglable pour éviter de se fatiguer trop les yeux. Certaines permettent également de masquer la progression des pages pour maintenir le suspens à son comble. Moins encombrante, elle se montre plus facile à sortir en fonction de la situation. Pas de risque de perdre son marque-page et de maudire ce dernier en recherchant l’endroit où vous aviez arrêté votre lecture. Et si vous ne connaissez pas un mot, un clic suffit pour obtenir la définition. Vous pouvez toujours essayer sur votre format papier ou opter pour un bon gros Larousse dans le sac à main…

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Il est vrai que dans l’ensemble le livre numérique peine à percer sur le marché français avec seulement 4,2 % pour la littérature. On est bien loin des 25 % anglo-saxons. Néanmoins la solution ne réside pas uniquement dans notre attachement au livre papier. L’écart entre le prix de chaque version est souvent trop minime pour être réellement intéressante. En conséquence de cela vient s’ajouter un fort taux de piratage. Dans tous les cas, la majorité des consommateurs de livre numérique opte pour des offres gratuites, qu’il s’agisse d’œuvres tombées dans le droit public ou de téléchargement illégal.

Contrairement à ce qu’on voit fréquemment, il n’y a pas de véritable match entre le format papier et l’e-book. Les lecteurs assidus y trouvent une complémentarité en fonction de la situation. Si la liseuse numérique n’aura jamais l’authenticité d’un livre sous les doigts, elle offre un large choix et des fonctionnalités qui s’avèrent bien utiles pour vous suivre partout dans vos pérégrinations.

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.