Cabinets de conseil : qui veut encore des juniors ?

Les secteurs de l’audit et du conseil sont particulièrement concernés par le déferlement de l’IA générative au travail. Les jeunes diplômé·es, fraîchement arrivé·es sur le marché, vont-iels en pâtir ?
« Avant, quand je demandais un rapport de 400 pages à quelqu’un en un week-end, s’il le rendait le lundi, ça prouvait que c’était un gros bosseur. Aujourd’hui, n’importe qui peut le produire, encore plus vite, avec une apparence de solidité et de qualité. » Avec cet exemple, Jérémy Beaufils, directeur exécutif de la chaire Digital Disruption à l’Essec, nous le confirme : le rapport à la production dans le domaine de l’audit et du conseil a changé. Or, analyser des données, préparer des livrables, des présentations, des graphiques et des notes, tout cela fait partie intégrante du métier d’un·e jeune professionnel·le du secteur. Que vont leur laisser les IA génératives, entraînées à produire du texte à partir de données ?
Le remplacement n’est pour l’instant pas visible. « Le secteur enregistre une contraction globale de son activité de 2 %, tandis que les effectifs diminuent de 2,6 % », estime Syntec Conseil. D’après le syndicat professionnel, si les chiffres 2025 ne montrent pas « un effondrement structurel du marché », ils témoignent néanmoins d’une période agitée. « L’IA n’est plus perçue comme un simple outil de productivité, mais comme une force de recomposition systémique du secteur », écrit l’organisation, qui évoque « l’évolution des collaborateurs, de “consultant assisté” utilisant l’IA (…) à “consultant augmenté”, dont la manière de travailler se transforme ».
Pour les jeunes diplômé·es, s’insérer dans cet univers semble en tout cas moins évident qu’auparavant, si l’on en croit les enquêtes annuelles de la Conférence des grandes écoles sur l’insertion professionnelle. En 2023, les sociétés de conseil représentaient 22 % des débouchés des jeunes managers. En 2026, cette proportion tombe à 18 %. Autre donnée intéressante : selon une enquête du cabinet Deloitte en 2025, 61 % des millennials (les personnes nées dans les années 1980 et au début des années 1990) et des GenZ (fin 1990-début 2000) considèrent que l’IA générative leur rend plus difficile l’accès à l’emploi.
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