« Hello world » ou « Bonjour le monde » comme le décrit notre cher Wiki Low Tech, sont « les mots traditionnellement écrits par un programme informatique simple dont le but est de faire la démonstration rapide de son exécution sans erreur. » En d’autres termes, lorsque vous programmez, et souvent lorsque vous commencez à programmer, il est de tradition de se servir de ces deux mots pour tester si votre fonction… Eh bien fonctionne ! Si vous rentrez une fonction pour que ces deux mots se répètent trois fois, vous verrez ensuite en mettant en application votre code si celle-ci a fonctionné par l’affichage ou non d’ « Hello world » trois fois de suite (pour les petit.e.s malin.e.s, ça ne marche pas comme Candyman). Mais alors d’où vient cette tradition me direz-vous ?

L’origine de « Bonjour le monde »

À défaut de représenter l’origine du monde humain comme dans la célèbre peinture, l’origine de « Bonjour le monde » prend racine dans la naissance du Langage C, un langage informatique versatile. Mais comment ces deux mots sont-ils liés à l’un des langages de programmation les plus populaires en développement ?

C’est au début des années 1970 que le langage C fait ses premières armes, étroitement lié à la création du système d’exploitation UNIX. La paternité du langage C revient à Dennis MacAlistair Ritchie. Mais c’est notamment l’accessibilité du « micro-ordinateur » PDP-11, de DEC, qui va participer à faire connaître le langage de Ritchie alias « dmr » pour les intimes.

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Tout d’abord le PDP-11 était très modulaire et s’appliquait aussi bien à la comptabilité qu’à la physique, aussi bien au privé qu’à l’académique. Et facteur non négligeable, il possédait un bon rapport qualité/prix, si bien qu’il s’est vite retrouvé majoritaire dans les universités. Le PDP-11 était aussi l’outil parfait pour le langage C par sa compatibilité avec celui-ci. Un contexte donc idéal pour donner vie à un engouement certain.

Parallèlement, Brian Kernighan, et Dennis MacAlistair Ritchie écrivent le livre The C Programming Language, pour promouvoir et expliquer le langage C. La clarté des explications et du langage fait rapidement des émules. L’usage du langage C ne tarde alors pas alors à se généraliser. Et c’est ainsi que se met en place le terreau fertile à nos deux mots.

Deux petits mots pour le code, un grand mythe pour l’informatique

« Hello world » était l’exemple de phrase donnée dans le manuel d’usage The C Programming Language, pour tester une fonction. La popularité du langage et du livre a par l’usage rendu populaire l’utilisation de ces deux mots précis pour tester une fonction. Oui, mais pourquoi ces deux mots ? Et pourquoi pas simplement « test 1 fonction », par exemple ?

À l’instar du Big bang, l’origine d’ “Hello world” reste flou. Des propres aveux de Brian Kernighan dans une interview accordée à Forbes, « sa mémoire défaille ». Cependant il semble que les termes soient tirés d’un dessin animé qu’il avait vu à l’époque. Dans le dessin animé, un poussin sortait de son œuf en s’écriant « Hello world ». Info ou mytho, quoi qu’il en soit, le choix des termes et le contexte semblent contribuer à une certaine mythologie du langage, sorte de symbole de la naissance de celui-ci.

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Si l’utilisation encore aujourd’hui de ces deux mots peut être questionnée, il est intéressant de se demander s’ils ne sont pas devenus plus qu’une tradition, un symbole. « Hello world » peut prendre des interprétations multiples, en particulier de nos jours. Ils ont pu au fil des années et de l’évolution de l’informatique et d’Internet renforcer une mythologie. Écrire « Hello world » lors d’une première fonction et la voir s’afficher, c’est voir « naître » son code sous ses yeux, c’est « mettre au monde » celui-ci. « Hello world », c’est potentiellement cherché l’universalité, chercher à atteindre tous et toutes et dans tous les pays. Aussi simple que « Bonjour ». « Hello world », c’est aussi ancrer leur usage, perpétuer la tradition et participer à l’Histoire de l’informatique.

 

« Hello world » sont deux mots sans prétention qui sont passés à la postérité. De simples mots, ils sont devenus tradition, participant ainsi à la construction d’une certaine mythologie de l’informatique. Du processus créatif à la mondialisation, ils semblent faire écho au web contemporain. Tant qu’il y aura des Hommes derrière le numérique, il y aura des légendes à conter. La question est : resteront-elles éphémères ou seront-elles pérennes ?

Gwendoline WEBER
Gwendoline WEBER
Ménestrelle numérique
Oscillant entre galéjades giffesques, modération bienveillante, veille im-pertinente, haikus récréatifs et designs amuse-oeil. VENI VIDI SHARED