Les adolescent·es utilisent avec une aisance naturelle les outils numériques

FAUX

À observer la dextérité avec laquelle les plus jeunes s’emparent des écrans tactiles, le concept de « digital natives » paraît séduisant. « Ils et elles évoluent de manière instinctive dans l’univers numérique, dans lequel ils et elles baignent depuis leur naissance », nuance Vanessa Lalo, psychologue clinicienne, spécialiste des pratiques numériques. Mais cette agilité apparente est trompeuse. Les ados peuvent parfois manquer de connaissances sur la boîte noire du numérique.

Les 12-25 ans ne sont pas tou·te·s, loin s’en faut, des geeks capables de bidouiller des ordinateurs, ni des spécialistes du modèle économique des plateformes. Mais surtout, « les jeunes » ne forment pas un groupe social homogène. « Les pratiques numériques des moins de 20 ans font apparaître des clivages sociaux importants », rappelle Nicole Boubée, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Inspé (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation) de Toulouse Occitanie-Pyrénées. « Le contexte familial et l’accompagnement par les parents jouent pour beaucoup dans l’aisance dont un·e jeune peut faire preuve avec les outils numériques », précise la chercheuse.

« Dès le plus jeune âge, les enfants des CSP+ développent, par imitation, des compétences qui correspondent à des attentes de l’école, comme la réalisation d’un diaporama et l’utilisation d’un tableur », illustre Anne Cordier, enseignante-chercheuse en sciences de l’information et de la communication de l’Université de Rouen.

Sylvie Fagnart
Sylvie Fagnart
Plume Journaliste