Nous n’avons jamais été aussi isolés les uns des autres. Depuis que le confinement pour lutter contre la propagation du Covid-19 a débuté, les personnes que l’on voit d’habitude tous les jours — au travail, à l’école — sont réduites à la taille d’un écran. Les réunions familiales sont annulées. Les fêtes, les ballades au parc, les rencontres, tout est reporté à l’après. Pourtant, seul.e derrière son écran, on voit, peut-être pour la première fois, la possibilité d’être vraiment connecté.e au reste du monde.

Il a toujours été possible de prendre des nouvelles de la cousine pas vue depuis trois ans, comme il a toujours été possible de créer des initiatives pour aider les voisins, les commerces locaux, le personnel soignant. Il a fallu que tout le monde soit forcé de rester chez soi, contraint à ne pouvoir communiquer que par des outils numériques pour que ces idées émergent. Pour Laurence Allard, sociologue des usages numériques et chercheuse à Paris 3, cela ne fait aucun doute : « la distanciation sociale a créé beaucoup de collectifs qui n’existaient pas auparavant ».

Pauline Thurier
Pauline Thurier
Observatrice connectée
Un magazine dans une main, un ordi dans l'autre. J'aimerais savoir parler le code aussi bien que l'anglais mais tant que ce n'est pas le cas, je m'attèle à comprendre comment le numérique crée de nouvelles habitudes dans la société.