Comme le retrace judicieusement Mathilde Groazil, experte genre x nouveaux médias, l’internet a permis progressivement une libération de la parole des femmes sur les violences et le harcèlement : « le progrès s’est fait à plusieurs niveaux : libération de la parole, mobilisation et évolution des mœurs. »

Vous vous souvenez du jeu de société qui porte bien son nom, Taboo ? Il fallait faire deviner un terme sans utiliser certains mots. Eh bien, avec les violences et le harcèlement, c’était un peu la même donne. D’ailleurs, le combat lexical reste d’actualité. On peut aisément se rappeler de l’affaire DSK en 2011 et de son scandale sexuel. Entre médias et communicants, les termes « affaire sexuelle », « scandale sexuel », ou « faute morale » étaient redondants dans les titres. Mais rarement le mot viol. Comme si l’on essayait de diminuer l’acte, de le dédramatiser, de le banaliser. Ici finalement, c’est le caractère violent qui n’est pas exprimé. Or, lever un tabou, ce n’est pas seulement rompre le silence, c’est utiliser les bons mots sans langue de bois.

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Gwendoline WEBER
Gwendoline WEBER
Ménestrelle numérique
Oscillant entre galéjades giffesques, modération bienveillante, veille im-pertinente, haikus récréatifs et designs amuse-oeil. VENI VIDI SHARED