Vous incarnez le combat d’une tech au féminin, au travers du CNNum, mais aussi de l’association Becomtech, qui œuvre pour l’égalité filles-garçons dans le numérique. Quel a été le déclic de votre engagement ?

Salwa Toko : Après avoir travaillé en Afrique pendant plusieurs années et créé là-bas Africatic, une école qui forme aux métiers du web, je suis revenue travailler en France en 2009. J’ai alors rejoint la fondation Agir contre l’exclusion, en Seine-Saint-Denis (93). Je garde en mémoire un jour marquant de cette époque, un samedi d’avril 2012. J’étais alors invitée à la remise des prix d’un concours, « Les 24 heures des IUT informatique », un concours à l’échelle nationale des IUT (Instituts universitaires de technologie) de France. Je rentre dans cette salle à Montreuil et je ne vois que des garçons. Je vais voir le directeur et je lui demande sur le ton de l’humour : « Je ne comprends pas, c’est comme dans le sport ou la religion, il y a la salle des filles et la salle des garçons ? » Le directeur me répond : « On essaye, mais apparemment les filles ne sont pas intéressées par l’informatique. »

 

Aurore BISICCHIA
Aurore BISICCHIA
Directrice de publication
Cofondatrice du média Chut!