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L’indice de réparabilité plébiscité

A toutes celles et ceux qui ne rêvent que d’une chose en cette folle semaine de rentrée – acheter un nouveau smartphone – cette chronique est pour vous !

Les Français·es seraient-iels sensibles à l’impact énergétique du numérique ? C’est ce que l’on a envie de croire chez Chut ! magazine depuis qu’on a vu paraître cette étude de l’ADEME et de Samsung qui nous dit qu’une grande majorité d’entre iels (4 sur 5 pour exact) se dit prête à prendre en compte l’indice de réparabilité présent sur les produits high tech.

Alors, pour celles et ceux qui auraient loupé l’info, aujourd’hui tous les appareils électriques et électroniques, de votre robot de cuisine à votre nouvel iPad, sont affublés d’un petit macaron, un numéro entre 1 et 10 qui indique si votre appareil a des chances de survivre à une réparation. Cette étiquette écolo, présente depuis déjà 8 mois en boutique et sur les sites d’e-commerce, est en fait obligatoire puisque son utilisation est prescrite dans la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire qui vise à lutter contre l’obsolescence programmée.

L’industrie numérique pollue

Parce que oui, dans la tech, les chiffres font mal : le numérique représente 4% des émissions de gaz à effet de serre, soit autant que l’avion. Et ça ne va pas s’arranger ! Avec l’augmentation des usages numériques, on estime que ce chiffre sera passé à 8% en 2025 !

Le problème avec cette pollution numérique c’est qu’on a tendance à l’ignorer car on la rattache à quelque chose de virtuel, d’immatériel. Mais elle n’en est pourtant pas moins réelle. Publiés dans le but d’alerter l’opinion publique sur cette nouvelle pollution, vous avez sûrement vu passer bon nombre d’articles qui nous racontent que le combat est à mener du côté des mails. Il faudrait éviter d’envoyer des pièces jointes trop lourdes, vider sa boite mail régulièrement, etc. Est-ce vraiment utile ? Oui bien sûr, mais la pollution numérique est en fait bien plus vaste. Un chiffre le prouve : 80 % de la dépense énergétique produite par les appareils électroniques est générée par leur fabrication.

Moins de téléphone, moins de carbone

Les appareils technologiques consomment de nombreuses terres rares, présentes en infimes quantités sur le globe, et dont le recyclage  est encore un véritable casse-tête. Sans compter que les processus d’extraction minière et de raffinage des métaux sont extrêmement polluants.

Alors, est-ce que nous parler des mails ce n’est pas nous détourner du vrai problème, celui de la fabrication de nos appareils ? Et, à ce niveau, qui est responsable ? Nous autres consommateur·rice·s qui pouvons tenter de résister aux sirènes du marketing ? Certes ! Mais aussi et surtout les fabricant·e·s qui ont toujours de meilleurs produits à nous vendre. Vous l’aurez compris, l’indice de réparabilité est un premier pas pour contraindre les fabricant·e·s à concevoir des produits durables dans la tech.

Quant à nous autres utilisateur·rice·s, faisons en sorte que la rentrée rime avec sobriété … technologique !

Sophie Comte
Sophie Comte
Conteuse numérique
Je suis convaincue que le numérique s'adresse à tous, et je vous le raconte ici. Egalement cofondatrice et rédactrice en chef de Chut.