« C’est énorme, c’est fou, c’est dingue ! » Nicolas Huchet n’a pas de mots pour décrire le chemin parcouru depuis qu’il a franchi les portes du FabLab de l’EESAB (Ecole Européenne Supérieure d’Art de Bretagne) de Rennes, en 2012. Amputé de la main droite suite à un accident du travail en 2002, celui qui avait alors une trentaine d’années était à bout : « J’avais une prothèse qui ne me convenait pas du tout, j’étais frustré de ne pas accéder aux nouvelles prothèses plus performantes, non remboursées par la Sécu à l’époque. J’étais en colère et en mode victime ! » L’univers de débrouille et de solidarité qu’il découvre au FabLab hébergé dans cette école d’art va le pousser à se lancer dans un projet qui sera à l’origine de la création de l’association My Human Kit, deux ans plus tard : fabriquer, grâce à l’impression 3D, une main « bionique ». Autrement dit, une prothèse articulée et programmable, dont le modèle serait peu cher et accessible à tou·te·s grâce à l’open source.

« J’étais sans emploi, assez retranché sur moi-même. L’énergie humaine que j’ai trouvée a changé ma vie, ma confiance en moi. J’ai rencontré des gens prêts à donner un coup de main, je me suis fait des copains, j’ai accédé à la vie dont rêve tout adolescent ! Finalement, le bilan est plus humain que technique ! » En juin 2013, Nicolas, aidé de ses camarades « makers », parvient à fabriquer un prototype. Il fonde l’association avec Hugues Aubin pour développer le projet, sans aucun bagage technique ou commercial : « On a appris en faisant ! »

Catherine de Coppet
Catherine de Coppet
Plume Journaliste