FACE À LA GUERRE AU MOYEN-ORIENT QUI SE PROLONGE, les gouvernements européens anticipent déjà les hausses de prix et pénuries du pétrole et du gaz. Parallèlement, une autre dépendance continue de faire craindre le pire depuis plusieurs mois déjà : celle du numérique. Les États-unis imposent leur hégémonie, entre data centers IA compatibles, câbles sous-marins stratégiques et logiciels de masse. Le gouvernement Trump n’a pas hésité en décembre 2025 à interdire le visa étatsunien plusieurs politiques européen·nes, dont Thierry Breton, ancien commissaire européen, pour leur implication dans la régulation numérique européenne. Le DSA (Digital Services Act), conçu pour limiter la désinformation et réguler les plateformes numériques, déplaît aux Gafam et à leur maître.

Conduite du changement

Dans un contexte politique tendu, il est donc temps d’anticiper et de couper nous-mêmes le cordon numérique, de choisir le modèle de société que nous souhaitons développer en France et en Europe. Pour cela, il nous faut faire face aux changements, fermer la porte aux solutions non souveraines, qui mettent en péril nos données et nos démocraties avec. Facile à dire. Plus difficile à faire. Que ce soit d’un point de vue personnel ou professionnel, la bascule vers des outils souverains, français ou européens, n’est pas si simple. Quitter les Gafam et leurs alliés ne se fait pas sans perdre, a minima, quelques semaines, pour les plus petites structures, voire quelques mois ou années pour les plus grandes. Face à la complexité, certains baissent les bras et laissent à d’autres la conduite du changement. Pour certain·es, c’est l’occasion de mettre les pieds dans le plat, puisque tous les ingrédients sont déjà là : logiciels open source, logiciels libres, communs numériques, auto-hébergement ou solutions européennes ; il existe d’autres façons de penser le numérique, comme un bien commun, accessible à toutes et tous, et pas seulement à quelques un·es. Les solutions existent, certaines sont mises en avant dans ce numéro.

Fin de partie

Nous ne sommes pas que des numéros, une ligne de code dans la vision capitalistique de ces géants du Web. Ensemble, nous sommes une force vive qui souhaite préserver notre indépendance, notre vision de la démocratie et de la société, loin des folies meurtrières de certain·es. Face à autant de menaces, il est temps de fermer la porte aux Gafam, ne serait-ce que petit à petit, étape par étape. Voici déjà peut-être le début du chemin.

Envie d’avoir de nos nouvelles par mail ?