Poussé par la Deep Tech, le futur est en marche et risque de nous surprendre plus vite qu’on ne l’imagine. À grands coups d’investissements, les startups, les instituts de recherche, les grands groupes et même les gouvernements misent sur des projets à long terme. Et je dois bien avouer que certaines innovations ont de quoi mettre l’eau à la bouche ! Parmi elles, les technologies spatiales se perfectionnent au rythme où les composants se miniaturisent. Alors que 536 personnes ont été envoyées dans l’espace à l’heure d’aujourd’hui, les prochaines années pourraient bien voir ce chiffre exploser. Le moment est encore loin où une navette pour les étoiles nous attendra à la gare du coin, mais la Deep Tech nous réserve tout de même bien des surprises.

Un nouveau terme plein d’espoir

Si rien n’arrête le progrès, alors la Deep Tech est l’étendard de cette course à l’innovation à laquelle participent les entreprises et institutions du monde entier. Son objectif est la création de produits ou services capable de résoudre les plus grands défis de notre société. Des technologies de rupture dans des domaines variés pouvant apporter des solutions à la crise écologique, révolutionner l’industrie, les transports ou soigner des maladies comme le cancer. La Deep Tech représente tous les acteurs qui œuvrent pour repousser les limites de l’innovation et améliorer le monde qui nous entoure.

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Caractérisées par une longue période de développement, les technologies émergentes de la Deep Tech impliquent une importante source de financement. Elles sont le fruit d’un parcours difficile de la conception du prototype jusqu’au soutien des investisseurs. Un temps de recherche moyen qui peut aller de 2 ans et demi pour un projet blockchain à 4 ans dans la biotech. Depuis 2015, la quantité d’investissements au sein de la Deep Tech a augmenté de 22 % en trois ans dans le monde. Selon l’étude de Hello Tomorrow et BCG, ils étaient de 18 milliards de dollars en 2018.

La Chine et les États-Unis se livrent une bataille acharnée en la matière. Avec 4000 entreprises Deep Tech contre 750, ces derniers font course en tête. Néanmoins, la Chine investit actuellement des sommes considérables pour rattraper son retard. Comme les autres pays européens, la France peine à fournir les financements adéquats. Malgré des universités, des chercheurs et des ingénieurs de qualité, les innovations éprouvent des difficultés à passer à la phase de commercialisation. En Europe, la France est le troisième pays le plus avancé avec 241 entreprises Deep Tech.

Deep Tech : de profonds changements en perspective

Dans le passé, la Deep Tech n’a pas toujours eu pour unique but la réussite économique. C’est à elle que l’on doit les ordinateurs, la technologie GSM ou encore les puces électroniques en silicium. Même si auparavant, les ressources qu’elle représente n’étaient qu’à la portée des grandes institutions, les startups y jouent dorénavant un rôle prépondérant. Rien d’étonnant à ce que les investissements ont été multipliés par 5,5 au sein de la Deep Tech de 2013 à 2017.

L’étude menée par Boston Consulting Group en association avec Hello Tomorrow met en valeur l’impact des startups. Favorisées par leur petite taille, elles font preuve d’une plus grande réactivité afin d’accélérer le processus d’innovation, de recherche et de développement des nouvelles technologies Deep Tech.

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Le champ d’action de la Deep Tech est relativement large. Les principaux domaines sont la robotique, l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, la biologie et le séquençage génétique, la chimie, l’électronique, la photonique et bien d’autres. Très active sur cette dernière, la France affiche 13 % de ses startups dans le secteur des sciences de la lumière. Avec 10 %, on retrouve ensuite les nouveaux matériaux, suivi des drones et de la robotique à 7 %. Avec une part de 6 %, les entreprises d’intelligence artificielle sont encore trop peu nombreuses malgré l’intérêt du président Emmanuel Macron. La biotech est encore moins représentée. Néanmoins, certaines startups sortent du lot à l’exemple de Prophesee et sa caméra inspirée de l’œil humain. L’innovation française dédiée à l’analyse visuelle se compose de capteurs neuromorphiques à la remarquable puissance de calcul. Avec pour objectif ultime de rendre la vue à des milliers de personnes, elle risque de révolutionner divers domaines comme l’automobile, l’automatisation de l’industrie, la sécurité et surveillance, la santé…

L’objectif est donc de faciliter le développement de ces technologies de rupture. C’est dans cette optique que Bpifrance a dévoilé son Plan Deep Tech au début de l’année. Un total avoisinant les 800 millions d’euros sera destiné à financer l’émergence et la croissance de startups innovantes dès leur sortie de laboratoire pour les cinq prochaines années.

La conquête de l’espace en ligne de mire

Qui dit espace n’implique pas uniquement de partir vivre sur Mars. La maitrise de l’espace aérien est notamment un enjeu important de la Deep Tech. La mobilité 3D au travers de nouveaux véhicules volants urbains pourrait bien modifier profondément notre quotidien. Véritable problème, l’encombrement des voiries pourrait se voir ainsi grandement allégé. Des prototypes existent déjà fonctionnant sur le principe de l’atterrissage vertical. Outre les véhicules à quatre hélices semblables à des drones géants, un avion avec ailes pivotantes a également fait parler de lui. Créé par une startup allemande, le Lilium Jet devrait être opérationnel autour de 2025.

En ce qui concerne la conquête de l’espace proprement dite, une pluie d’innovations se distingue depuis quelques années. Avec l’avènement du « low Earth orbit », l’heure est aux réseaux de satellites et aux nouvelles technologies de propulsion. L’intelligence artificielle joue un rôle important dans le perfectionnement du pilotage, de la gestion des données, ainsi que dans la récupération des lanceurs réutilisables. Mis bout à bout, tous ces progrès ouvrent de nouvelles perspectives en matière de découverte et d’exploitation de l’espace.

Uniquement devancée par les Américains, la France affiche un budget de 2,4 milliards de dollars par an pour son Centre national d’études spatiales. La Chine nous talonne de peu avec pour objectif de prendre plus d’importance dans un marché qui risque de représenter des sommes colossales d’ici 2040.

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De plus en plus accessible, l’espace n’est plus uniquement réservé aux institutions historiques. Des entreprises privées et startups ont ainsi participé au développement de la filière en partenariat avec les gouvernements, en particulier aux États-Unis. Entre les véhicules spatiaux et son réseau de mini-satellites, le SpaceX d’Elon Musk a réalisé d’impressionnantes avancées depuis sa création en 2002. De son côté, l’Europe a pris du retard sur l’apport considérable de ces nouveaux acteurs dans les technologies spatiales. C’est pourquoi ArianeGroup et le CNES ont mis en place la plateforme ArianeWorks dédiée à l’intégration et la collaboration avec les startups dans le but de booster l’innovation.

Le tourisme spatial pourrait bien faire ses premiers pas dans les années à venir. La Chine, l’Europe et les États-Unis investissent à tour de bras pour s’emparer du marché. L’activité serait un moyen idéal pour financer la recherche technologique et entamer des avancées dans la conquête spatiale. Une fois de plus, les Américains ont pris une longueur d’avance. La capsule Crew Dragon de SpaceX envisage un retour dans l’espace pour le premier trimestre 2020. Si tout se déroule selon leurs prévisions, le premier touriste spatial sera Yusaku Maezawa, un milliardaire japonais qui a acheté un billet pour faire le tour de la lune en 2023.

 

La Deep Tech se veut initiatrice de changements majeurs. Les applications sont multiples, mais toutes ont pour objectif d’améliorer le futur de l’être humain. Institutions et startups de tous pays s’engagent dans une course effrénée pour devancer leurs concurrents en matière d’innovation. Un contexte qui les pousse à rivaliser d’ingéniosité pour faire de la Deep Tech un domaine plein d’espoir en vue d’un avenir radieux et riche en découvertes.

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.