Avant d’être ministre, vous avez eu une carrière dans la tech. Comment êtes-vous arrivée dans ce secteur et avez-vous brisé le plafond de verre ?

Je suis l’exemple même que la tech est ouverte à tout le monde, qu’elle n’est pas que pour les geeks, pas que pour les hommes. J’ai commencé par faire des études de droit, car je voulais sauver la veuve et l’orphelin. La vie en a décidé autrement. J’ai créé ma première entreprise, j’avais à peine 20 ans, une entreprise que j’ai dirigée pendant sept ans, dans le secteur du bâtiment, encore un secteur très féminin ! Les hasards de la vie m’ont amenée à France Télécom et je n’ai plus jamais quitté la tech. Je suis ensuite allée chez Dell, puis Lenovo et enfin HP, à chaque fois en ajoutant quatre à cinq marches à l’escalier. Personne, et encore moins moi-même, ne s’attendait à ce que je réussisse autant dans ce secteur, car je ne suis pas ingénieure, je n’ai pas fait d’études scientifiques, je ne suis pas une geek, mais j’ai été passionnée par ce que les technologies permettent. Je suis née au Cap Vert, et il y a vingt ans, un courrier prenait une semaine pour aller de Paris à Tarafal. Les nouvelles technologies ont explosé les barrières géographiques, elles ont amplement facilité les communications. On l’a bien vu pendant cette pandémie où, du jour au lendemain, le monde entier s’est retrouvé enfermé. Si nous n’avions pas eu Whatsapp, Zoom, Teams, cela aurait été extrêmement difficile de communiquer, de rester en contact, de partager, d’échanger des informations. J’aime la tech pour ce qu’elle nous permet de faire, pour la manière dont elle améliore notre vie. 

Sylvie Lecherbonnier
Sylvie Lecherbonnier
Rédactrice en chef de Chut!