Le Guardian rapporte le cas de Lisa, graphiste indépendante en Espagne. Avant ChatGPT, elle créait des logos et des packagings, puis les demandes ont changé. Ses clients arrivent désormais avec des images générées par IA et lui demandent de rendre net ce qui est flou, reconstruire des fichiers inutilisables, corriger les erreurs produites par l’IA, voire parfois… de tout refaire de zéro.

En 2025, cette freelance estime que 90 % de ses commandes liées à la création de logos et d’emballages concernaient du contenu généré par IA. Ces missions ont représenté 60 à 70 % de ses revenus annuels. Dégoûtée par les demandes qu’on lui adressait, elle a fini par les refuser.

Sur la plateforme d’emploi destinée aux freelances Freelancer.com, les offres avec des termes comme « corriger l’IA », « hallucination IA » ou « erreur IA » ont augmenté de 87 % entre août 2025 et juin 2026 pour un total de 10 760 missions dans le monde. Même tendance sur le site concurrent Upwork, qui a vu une hausse de 70 % des missions de nettoyage d’IA en un an. Quant au site Fiverr, les recherches liées aux services de « nettoyage IA » ont été multipliées par plus de 20 entre 2023 et 2026, toujours selon le Guardian.

Or, les employeurs sous-estiment le temps passé par les freelances à corriger ces loupés de l’IA. Quand ils imaginent que corriger une erreur générée par l’intelligence artificielle devrait prendre 15 minutes, les graphistes y passent en réalité des dizaines d’heures. Parce que corriger l’IA, c’est corriger des visages, reconstruire une image, réparer des voix robotiques et repasser derrière des contenus potentiellement problématiques en matière de droits d’auteur·trice.

En parallèle, on observe que les missions traditionnelles se raréfient. Une étude publiée en 2025 dans la revue Management Science constatait une baisse de 21 % des offres freelance exposées à l’automatisation, 8 mois après l’arrivée de ChatGPT.

L'IA, un monstre énergivore pollueur

Derrière chaque image générée, chaque vidéo synthétique et chaque texte produit en quelques secondes, il y a aussi des data centers, de l’électricité consommée de façon intense, de l’eau siphonnée par des infrastructures assoiffées, des puces nécessaires aux calculs exécutés par l’IA mais qui reposent sur un extractivisme néocolonialiste de métaux rares.

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