Une enquête de la Banque de France et de HEC révèle que l’IA fait chuter de 30% l’emploi des jeunes depuis le lancement de ChatGPT, dans les secteurs de la comptabilité, de l’administration, de la banque, ou encore de la communication. Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI en rajoute une couche, évoquant un « tsunami », qui affectera 40% des emplois. Alors oui, les jeunes ont raison de s’inquiéter, l’IA leur vole leur emploi. Sauf que …

Ces entreprises savent néanmoins qu’elles ne peuvent pas se passer des juniors. Sinon, qui seront les seniors, managers et dirigeant·es de demain ? « Les entreprises, en particulier les cabinets, ont connu la crise financière de 2008. Elles ne savent que trop bien qu’un trou béant dans la pyramide des âges signifie devoir recruter à terme des seniors, ce qui représente un surcoût important. », assure Jean-Amiel Jourdan, directeur exécutif senior de HEC Talents dans un article de Chut! N°22 – Résister ou Prompter. À force de ne plus recruter de débutant·es, les patrons préparent la pénurie d’expert·es.

Et surtout … remplacer un·e junior par une IA va finir par coûter beaucoup plus cher. « Quand les sociétés d’IA entreront en bourse, les actionnaires voudront de la rentabilité. Le dumping technologique ne sera plus possible : il faudra payer le vrai coût de ces robots. », nous explique Jérémy Beaufils, chaire Digital Disruption, à l’Essec dans le nouveau numéro de Chut! Magazine, Résister ou Prompter. En clair, les 20 € mensuels que coûte une IA ont un défaut : cela ne durera pas. Le jour où l’IA aura son vrai prix, le calcul « un·e humain·e coûte trop cher » va s’effondrer.

Notre avenir professionnel n'appartient ni à OpenIA ni aux entreprises

On voudrait nous faire croire que l’IA s’impose d’elle-même et qu’il ne reste qu’à s’adapter. Mais automatiser un métier, surveiller les salarié·es, supprimer des recrutements ou concentrer les gains de productivité sont des choix économiques et politiques. Dans notre nouveau magazine intitulé « IA & Travail : résister ou prompter », nos journalistes ont enquêté sur la « révolution » de l’IA au travail, ses grand.es gagnant.es, ses laissé·es-pour-compte et les moyens de résister. La révolution IA ne doit pas se faire sans nous. Encore moins contre nous.

Enquêtes sur l’IA au travail, ses promesses, les rapports de force qu’elle génère et ses conséquences pour les métiers, les femmes et les groupes déjà marginalisés… Voilà ce que vous réserve notre nouveau magazine pour comprendre ce qui se joue, questionner les discours des géants de la tech et imaginer les résistances possibles. Chut! N°22 est disponible via l’abonnement soutien à notre média indépendant ou à l’unité.