Dans encore trop d’endroits du monde, les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes. Alors tous ceux qui pensent que l’une n’est pas aussi capable que l’autre, vous risquez d’être déçu par ce qui va suivre. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai vécu une enfance entourée de trois grandes sœurs, mais jamais il ne me viendrait à l’esprit de les sous-estimer. Chez moi les femmes ont toujours été débrouillardes et compétentes. Alors que je peine à monter un meuble Ikea, elles manient la perceuse et les outils pour réaliser tous types de travaux avec une aisance qui ne cesse de m’impressionner. Il est vrai que j’ai été le premier à m’intéresser à l’informatique. Un problème d’ordinateur et j’arrivais à la rescousse. Pourtant, avec le temps qui passe et les nouveaux outils du numérique, il m’arrive bien souvent de leur demander conseil en la matière. Les temps changent. Et s’il y a bien une chose à retenir de tout ça, c’est que dans le numérique comme dans tous les métiers soi-disant d’homme, mes sœurs comme toutes les femmes sont aussi douées que nous.

Qui a dit que les femmes ne pouvaient pas être des geeks ?

Le secteur du numérique a pour emblème le stéréotype de l’employé idéal. Oh surprise ! Il s’agit d’un homme. Le fameux geek à lunettes qui le nez collé sur son écran maîtrise à merveille tous les rouages de la sphère numérique. Le code n’a pour lui aucun secret et il connait les différents langages informatiques. Mais n’en déplaise à ceux qui s’accrochent aux clichés… pas besoin d’être un asocial, myope, avec un appareil dentaire et surtout un homme pour être un geek. On a tendance à l’oublier, mais les femmes ont été à l’origine de l’informatique et du numérique moderne. En 1843, c’est bien la comtesse Ada Lovelace qui fut la pionnière de la science informatique avec la création du tout premier programme. Un siècle plus tard, les six femmes de l’ENIAC dirigeaient l’équipe qui programma le tout premier ordinateur digital. Comme quoi, les femmes étaient geek bien avant que l’expression naisse.

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Mais aujourd’hui, cette image du geek masculin persiste. Pourtant, les profils choisis pour des postes dans le numérique en sont bien éloignés. Comme l’explique Laurence Lafont, Chief Operations Officer chez Microsoft France, les recrutés au sein de l’École IA Microsoft sont issus de différents milieux socio-culturels, après des parcours professionnels variés. Loin du geek technophile qu’on imagine, on y retrouve même un ancien professeur de badminton.

Femme ou homme, le numérique n’est pas réservé à un genre plus qu’à un autre. Alors pourquoi les chiffres sont-ils si bas ? Selon le Syntec Numérique, 27,5 % des postes du secteur sont occupés par des femmes.

Le numérique manque encore d’attractivité pour de nombreuses femmes

Qu’il s’agisse d’informatique ou de numérique, les filières ont vu sa part de femmes diminuer depuis plusieurs décennies. Une enquête réalisée par Gender Scan à l’occasion du salon VIVA Technology révèle la faible proportion de femmes au sein des formations du numérique à la rentrée 2017/2018. Sur 21 700 inscrits seulement 8 % étaient des femmes.

Un engouement mitigé qui s’explique par l’absence de modèles féminins dans l’entourage des femmes d’aujourd’hui. Les plus jeunes souffrent d’un manque d’information sur l’étendue des postes que propose le numérique. Avec l’informatique, le secteur est devenu si masculinisé que le cliché s’est implanté dans les mémoires. Un triste constat et une généralité de plus à balayer pour le bien de tous. Selon une étude effectuée pour la Commission Européenne, la baisse de la part des femmes dans le milieu engendre un coût estimé à 16,1 milliards d’euros par an.

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Mais ne nous laissons pas abuser par les chiffres et les stéréotypes. À formation équivalente, les hommes du numérique ne sont pas plus légitimes que les femmes. Demandez donc à Siham Laux, à Fabienne Billat, à Dipty Chander et bien d’autres ce qu’elles en pensent. Chaque jour des milliers de femmes œuvrent pour mettre en avant leur travail dans le digital, sans se rendre comptent qu’elles sont elles-mêmes des modèles. Les femmes du numérique sont déjà là et comptent bien ne pas se laisser intimider par les clichés !

 

Les femmes et le digital : un apport indéniable de talents

Dès 2016, une étude d’Accenture mettait en relief la prise de conscience des entreprises sur l’importance de la parité femmes-hommes. Ces dernières constituent un moyen idéal pour combler les compétences et les talents nécessaires au marché du numérique. D’après la Commission européenne, le manque atteindra 756 000 professionnels en Europe d’ici 2020 et de 170 000 à 212 000 postes sur le territoire français en 2022 selon France Stratégie. Il est clair que la participation des femmes dans le numérique est essentielle dès à présent et pour les années à venir.

Une opportunité pour de nombreuses femmes désireuses de casser les clichés et de découvrir les attraits que propose ce secteur en plein développement. Un objectif avantageux pour les entreprises dont la présence de femmes offre une valeur ajoutée mise en avant par l’enquête Gender Scan. En effet, les chiffres démontrent une performance de 7 % supérieure pour les équipes mixtes en comparaison aux groupes entièrement masculins.

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On a du mal à imaginer que le poids des préjugés socio-historiques peut encore à notre époque limiter la carrière de nombreuses femmes. C’est pourtant le cas. L’importance de la formation prend ici tout son sens, alors que 82 % des entrepreneures sondées par Capgemini Consulting lors de la 6e édition de la Journée de la Femme Digitale se déclaraient autodidactes ou bien entourées.

Rien d’étonnant à ce que le gouvernement mette en place le plan « pour la mixité des métiers du numérique ». Le but est de promouvoir la mixité, ainsi que d’accompagner les femmes dans leur orientation et leur formation tout au long de leur parcours.

 

Longtemps, on a appelé le grand frère féru d’informatique pour nous expliquer la dernière application smartphone. Aujourd’hui, c’est peut-être la petite dernière de la famille qui maîtrise les outils les plus compliqués. Bien qu’elles ne soient encore qu’une personne sur dix à la tête de start-up, les femmes s’intéressent de plus en plus en numérique. Et elles n’ont pas dit leur dernier mot !

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.