Cet article est issu de Chut! n°7 – Lost in election, paru en septembre 2021.

Les cryptomonnaies vont remplacer le « vrai argent ».

Plutôt faux. « C’est la question à 50 bitcoins », s’amuse Alexandre Stachtchenko, directeur blockchain et crypto-actifs chez KPMG. Mais de quel argent parle-t-on ? S’il s’agit de la valeur d’échange officielle, il y a peu de risques, ou de chances, selon les points de vue, que les cryptos remplacent les monnaies. Ces dernières sont, et resteront probablement, un élément central de la souveraineté d’un pays (ou d’un groupe de pays, dans le cas de l’euro). Les cryptomonnaies sont, elles, des monnaies décentralisées, fabriquées par une communauté de mineur·ses disséminé·es partout sur la planète, sans être adossé·es à un État — on en compterait un million. Et elles se posent justement en concurrence des monnaies étatiques. Or aucun pays ne veut voir disparaître l’outil de politique économique primordial que constitue l’émission de monnaie.

Quand une crise survient, les banques centrales font « tourner la planche à billets ». Elles mettent de l’argent dans le système économique pour éviter son effondrement, comme lors de la crise des subprimes en 2008. C’est aussi le cas des plans de relance « Covid ».

Sylvie Fagnart
Sylvie Fagnart
Plume Journaliste