Robotisation : où en est-on vraiment ?

CATHERINE SIMON. « Selon plusieurs études, 50 % des emplois occupés actuellement dans le monde devraient, à terme, disparaître. Ces chiffres sont à remettre en perspective : en France seuls 10 % des postes de travail devraient être remplacés à moyen terme. Mais il est vrai que la majorité des métiers va être profondément transformée. Avec l’accélération de la digitalisation du travail liée à la crise sanitaire, on voit apparaître une nouvelle façon de travailler avec les machines. »

SERGE ABITEBOUL. « Le terme robot est un peu fourre-tout. Cela peut désigner un logiciel sur un ordinateur, qui réalise plutôt des tâches cognitives, et qui remplace des travailleurs en col blanc. Ou alors un robot très physique, qui fabrique quelque chose, qui remplace plutôt des ouvriers. Le point commun entre les deux : ils sont relativement autonomes. Au-delà de simples machines, précises mais monotones, les robots sont aujourd’hui capables d’effectuer des actions complexes, et même d’apprendre eux-mêmes en  cours de route, comme avec le machine learning. »

JADE LE MAÎTRE. « En Asie, dans une vision très productiviste,on estime que la technologie doit être au service de l’humain. Tout est poussé à l’extrême, souvent dans une logique de surveillance. Aux États-Unis, la course à la nouveauté est telle qu’on a tendance à adopter une technologie d’abord et à réfléchir ensuite sur son impact. En Europe, on se situe à  eu près entre les deux. L’attention est généralement portée sur l’impact positif et éthique, dans les projets financés par l’Union européenne, par exemple. »

GREGORY VERDUGO. « La peur du remplacement par la machine est assez récurrente dans l’histoire. On craint ce qu’on appelle le « chômage technologique », expression qui date d’il y a plus d’un siècle. Depuis le début de la révolution industrielle, on pense que les innovations détruisent le travail, mais elles en créent juste de nouveaux. Dans les prochaines années, les projections montrent que la majorité de la population travaillera dans le secteur du service ou encore de la connaissance. Le tout, en étant beaucoup plus éduquée. »

Amelia Morghadi
Amelia Morghadi
Journaliste