1. Vers la quatrième révolution industrielle ?

En France, l’Industrie du Futur est le nom d’un programme national lancé en 2015 pour accélérer la transformation numérique des entreprises industrielles. Né du constat d’un retard de l’investissement industriel dans les technologies de pointe, il est le pendant du plan national allemand Industrie 4.0, lancé en 2011 à la suite du salon de technologie industrielle de Hanovre. Pourquoi 4.0 ? Parce que, selon ses promoteurs, la digitalisation des usines nous ferait entrer dans la quatrième révolution industrielle. Au cours des trois premières, de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XXe siècle, la production s’est tour à tour mécanisée, rationalisée puis massifiée et, enfin, automatisée. Voici maintenant venu le temps des machines interconnectées, capables de maîtriser de bout en bout les flux de production au sein de l’usine. Si l’intelligence artificielle, la robotisation et la data constituent la vitrine de l’industrie du futur, celle-ci se caractérise aussi par l’apparition de nouveaux modèles économiques qui intègrent des contraintes logistiques et environnementales plus fortes. « On peut parler de révolution industrielle parce qu’il y a conjugaison de trois évolutions : innovations technologiques, flexibilisation de l’organisation de l’usine et personnalisation de la production en fonction de la demande », analyse ainsi Anaïs Voy-Gillis, docteure en géographie et chercheuse associée au sein du CRESAT-Université de Haute-Alsace.

Lec'hvien Julien
Lec'hvien Julien
Journaliste