Le low tech ne consiste pas à « revenir à la bougie, mais à conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir », définissait l’ingénieur Philippe Bihouix, dans L’Âge des low tech, en 2014. Parfois opposée à la high tech, la low tech « n’est pourtant pas un rejet total de la technologie, mais plutôt le juste choix technologique. Il s’agit de penser le bâtiment comme un lieu de vie et non comme une machine parfaite », souligne Benjamin Cimerman, directeur de la société Eléments Ingénieries. Son bureau d’études a été en 2020 l’un des lauréats de l’appel à manifestation d’intérêt « Vers une innovation low-tech en Île-de-France » de l’Ademe de l’Île-de-France, avec un projet intitulé Résilience Archi. « Avec des outils de simulation numérique, nous multiplions les scénarios : disposition des fenêtres, matériaux et épaisseur des murs, météo, affluence du public, fermeture de stores, ouverture des fenêtres la nuit… Ces statistiques permettent d’observer le comportement thermique du bâtiment et de comprendre quels sont les paramètres importants. Ainsi, à l’automatisation des stores, on peut préférer l’envoi d’un message automatique indiquant qu’il faut les fermer. L’enjeu est à la fois d’éviter d’installer de la climatisation et de réduire les dispositifs motorisés », systèmes qui consomment de l’énergie tout en étant complexes à entretenir.

Delphine Dauvergne
Delphine Dauvergne
Journaliste