La 5G est plus énergivore que la 4G

OUI ET NON

Si on en croit Nokia (Finlande) et Ericsson (Suède), deux des principaux équipementiers des réseaux mobiles, la consommation d’énergie sera similaire, voire inférieure, entre la 4G et la 5G, en raison d’une efficacité énergétique accrue des stations, des antennes et du réseau. Dans son rapport annuel de 2017, l’entreprise finlandaise mettait en avant la modernisation de ses équipements qui pourrait, selon elle, permettre jusqu’à 44 % d’économie d’énergie « à usage constant » et ainsi « absorber l’augmentation du trafic, sans réellement donner plus de précision », observe Gauthier Roussilhe, designer de services numériques et auteur d’un rapport sur « la controverse de la 5G ». Car l’inconnue se niche dans l’expression « à usage constant ». Chaque nouvelle technologie a montré une croissance des usages et donc des volumes de données produites. La 4G le prouve : les usages de l’Internet mobile ont explosé depuis 2013. Avant cette date et l’arrivée massive de cette technologie sur le territoire français, personne ne regardait des vidéos sur son téléphone.

Mais la croissance des usages n’est pas le seul problème, la production et la mise en service des antennes 5G, truffées de capteurs intelligents, aura aussi un coût énergétique et environnemental. « Et il faudra multiplier les antennes », ajoute Hugues Ferreboeuf, chargé de mission à The Shift Project, un think tank qui milite pour un monde décarboné. « Car sur des bandes de fréquences plus élevées, les ondes à 3,5 et 26 GHz traversent mal les obstacles. »

Pour capter la 5G, il faudra en outre changer de téléphone. L’ardoise com- mence à être longue. D’autant qu’ « on ne substitue pas, on ajoute à l’existant », pointe Hugues Ferreboeuf, qui rappelle que « les antennes 2G et 3G parsèment encore le territoire et continuent de fonctionner ». Tâchons de ne pas penser à la 6G, pour laquelle la Chine vient de lancer ses premiers satellites.

Sylvie Fagnart
Sylvie Fagnart
Plume Journaliste