Cet article est issu du magazine Chut! n°7 – Lost in election, paru en septembre 2021.

1. Une intelligence, vraiment ?

Le terme d’intelligence artificielle (IA) pose beaucoup de questions, notamment quant à l’utilisation de la notion d’intelligence, faculté qu’on attribue davantage à l’être humain qu’aux machines et qui peut ici laisser planer la peur d’une révolte des robots devenus plus humains que leurs créateur·rices. Des malentendus et des inquiétudes qui devraient finir par se lever, selon Jean-Gabriel Ganascia, informaticien, spécialiste en IA et président du comité d’éthique du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) : « À l’origine, l’intelligence artificielle visait à comprendre les différentes composantes de l’intelligence en les simulant par des programmes informatiques, ce qui est différent d’une idée d’intelligence supérieure des machines. Il y a beaucoup de fantasmes sur les machines et leur prétendue autonomie. Une “IA forte”, c’est-à-dire ayant conscience d’elle-même, ce n’est pas pour tout de suite. »

Pour autant, l’IA permet de traiter un grand nombre de données et d’automatiser de nombreux processus. « Cela apporte énormément de progrès, pour la simple raison que les algorithmes sont tellement plus rapides que nous ! », note Nozha Boujemaa, chercheuse en intelligence artificielle et directrice de l’institut DATAIA de l’Université Paris-Saclay. Pour Tiphaine Viard, maîtresse de conférences en intelligence artificielle à Télécom Paris, il faut davantage penser l’IA par type de métiers : « Tout ce qui est très répétitif et sans grosse valeur ajoutée, c’est là où on va le plus utiliser l’IA dans le futur. »

Pauline Ferrari
Pauline Ferrari
Journaliste Tech
Mes domaines de prédilections : nouvelles technologies, féminismes, sexualités, cultures web et tréfonds d'internet.