Depuis 2004, vous prônez avec GreenIT.fr le passage à une sobriété numérique. Pouvez-vous nous en expliquer les ressorts ?

La sobriété numérique commence par une prise de conscience des impacts négatifs environnementaux, sociétaux et sanitaires du numérique. Ce constat doit nous amener à adopter naturellement un usage raisonné et raisonnable de cette ressource. Le numérique est une ressource critique et non renouvelable, qui sera épuisée dans une ou deux générations si on n’y prend pas garde. Nous devons nous rendre compte que les stocks des principaux métaux nécessaires à la construction d’équipements sont en voie d’épuisement accéléré.

En tant qu’individus, nous sommes aujourd’hui complètement accros à ces outils. En tant que civilisation aussi, nous en sommes complètement dépendants. Qu’adviendra-t-il dans trente ou quarante ans, quand cette ressource n’existera plus ? La genèse de la sobriété numérique vient de cette réflexion profonde qui va bien au-de- là de l’injonction « supprime tes mails ». Il s’agit d’un enjeu de legs aux générations futures d’un formidable outil qui peut aider à gérer une pandémie mondiale, à transférer d’une génération à l’autre de très grandes quantités de savoirs, à modéliser le climat ou à se soigner en passant une I.R.M. (imagerie par résonance magnétique).

Nous devrions déjà penser le numérique comme un bien commun qu’on chérit et qu’on économise pour ces usages utiles et vitaux.

Sylvie Lecherbonnier
Sylvie Lecherbonnier
Rédactrice en chef de Chut!