Seize colonnes blanches, striées de rayures lumineuses, dans un espace blanc, nu et bas de plafond de 400 mètres carrés. Un dispositif simple en apparence, qui évoque de prime abord les colonnes de Daniel Buren. Une référence récusée par les créateurs de cette œuvre originale, Détour, à découvrir à partir de septembre 2021 à la Gaîté Lyrique, haut lieu des pratiques artistiques post-Internet à Paris. « Ces colonnes évoquent davantage pour nous les monolithes et leur côté spirituel », corrige Valère Terrier, l’un des quatre acolytes du collectif artistique Visual System, fondé il y a maintenant presque quinze ans autour des arts visuels. De fait, les colonnes ne sont que la partie émergée de Détour, présentée comme une « sculpture audiovisuelle immersive ». L’œuvre consiste plutôt en une partition de sons et de lumières combinées, qui anime et déconstruit grâce à ces colonnes l’espace du « plateau », ancienne bibliothèque du temple de l’opérette, dédié désormais aux nouvelles écritures sonores, visuelles et immersives. « Avec ce nouvel espace qui sera bientôt inauguré, nous souhaitons proposer aux visiteurs, en commandant des œuvres in situ, une expérience où ils sont à l’intérieur de choses plus grandes qu’eux », explique Jos Auzende, directrice artistique de la Gaîté Lyrique.

Catherine de Coppet
Catherine de Coppet
Plume Journaliste