Ce site référence tous les procès en cours contre les géants de la tech

Il s’appelle ChatGPT is eating the world. Et il en référence plus de 130 dans le monde.
Vous avez du mal à suivre toutes les plaintes et les procès contre les géants de la tech ? C’est normal, il y en a de plus en plus. Pour y voir plus clair, ChatGPT is eating the world (littéralement « ChatGPT dévore le monde ») est un site qui se présente comme une base de données juridique suivant de près plus de 130 procès liés aux droits d’auteur·trice et au siphonnage de données par les entreprises d’IA générative dans le monde.
Créé par le professeur Edward Lee, juriste spécialisé dans les nouvelles technologies qui enseigne le droit d’auteur et le droit international de la propriété intellectuelle, le site dispose également d’une autre version : Claude is eating the world. Utilisé par de plus en plus de médias pour suivre l’ensemble des procès en cours, le site permet de prendre conscience de l’ampleur des procès en cours et de leur capacité à menacer l’existence même de ces entreprises.
Il propose principalement deux outils :
- Le AI Copyright Case Tracker, un moteur de recherche qui répertorie chaque plainte déposée par des auteurs·trices, des musicien·nes ou des éditeurs·trices contre les géants de la Tech.
- Des cartes interactives (PDF Maps)
On y retrouve notamment l’un des procès les plus médiatisés dans le domaine du droit d’auteur·trice, celui qui oppose le New York Times à OpenAI et Microsoft. Déposée en décembre 2023, la plainte du New York Times apporte ce qu’aucun autre procès n’a réussi jusque-là : des preuves. Avec des dizaines de captures d’écran montrant que ChatGPT est capable de restituer, mot pour mot, des paragraphes entiers d’articles payants normalement protégés par un paywall.
Hachette Group Book contre Google
On y retrouve également le procès en cours de Hachette Group Book contre Google. Le 14 juillet dernier, Hachette Book Group, Cengage Learning, Elsevier, l’écrivain Scott Turow et sa maison S.C.R.I.B.E. ont annoncé qu’ils allaient attaquer Google via une plainte déposée à New York. Selon la plainte, Google aurait siphonné des œuvres confiées à Google Books et à d’autres services, prévues pour des usages restreints, puis les aurait recyclées pour muscler Gemini. La plainte révèle également que Gemini est entraîné à imiter précisément les choix créatifs et les éléments stylistiques d’auteurs spécifiques. L’algorithme clone la plume des humains, créant une concurrence frontale et déloyale.
Ce procès contre Google s’ajoute à une longue liste de poursuites pour violation de droits d’auteur·trice contre des entreprises du secteur de l’intelligence artificielle. En mai dernier, Meta subissait la même offensive judiciaire. Face au soulèvement, certaines firmes flanchent. Ainsi, Anthropic, derrière le chatbot Claude, a dû lâcher 1,5 milliard de dollars pour éteindre un incendie similaire. Pourtant, certains juges continuent de fermer les yeux, protégeant l’impunité des géants de la tech.
Piller des livres, piller la planète
Les mêmes IA qui avalent et détruisent des bibliothèques entières sans consentement sont aussi celles qui font tourner des data centers brûlants. L’extraction de contenu et l’extraction de ressources constituent le même combat !
L’IA explose dans nos usages plus vite que n’importe quelle technologie avant elle. Mais derrière l’écran, des data centers font bouillir la planète et des puces sont fabriquées à l’aide de métaux rares extraits au prix d’un extractivisme colonial forcené.
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