Suno et Udio, deux start-ups américaines spécialisées dans la génération de musique par intelligence artificielle, ont rendu la diffusion massive de ce type de contenu sur Internet extrêmement f acile.

Le hic ? Tous les sites ne vous préviennent pas quand vous écoutez un morceau IA, à l’image de Spotify, préférant engranger des revenus grâce à des artistes factices qui accumulent des millions écoutes. Pour vous y retrouver, plusieurs solutions existent…

SOLUTION N°1 : SOULLESSMUSIC.COM, LA BASE DE DONNÉES DES ARTISTES IA

Créé par un développeur agacé par le pillage des artistes musicaux, SoullessMusic.com recense les « artistes IA cachés sur Spotify ». Le site croise les métadonnées, analyse le rythme de publication effréné et vérifie la présence sur Wikipédia. Des avatars ultra-populaires comme ZionRay, Xania Monet, Joy Rhodes et Sienna Rose sont démasqués.

Le + : le site affiche les revenus mensuels générés par ces avatars, revenus qui auraient pu profiter à de vrai.es artistes si les comptes IA n’avaient jamais vu le jour… un moyen concret de prendre conscience du pillage effectué par l’intelligence artificielle auprès de petits comme de grands noms de la scène musicale.

SOLUTION N°2 : SLOPTRACKER.ORG, LE SCANNER D’EMPREINTE ALGORITHMIQUE

Un doute sur un morceau dans votre playlist ? Copiez son lien Spotify dans SlopTracker.org. Cet outil analyse le fichier avec des modèles open source pour déterminer avec précision la probabilité qu’il ait été généré par une IA. SlopTracker a par exemple révélé que le titre Fully de l’avatar Slime Dot avait 95 % de chances de provenir du générateur Suno.

Ce manque de transparence n’est pas neutre, c’est un pillage financier. Les quelques faux artistes analysés sur SoullessMusic génèrent environ 5,7 millions de dollars – près de 5 millions d’euros – par an. SlopTracker estime que cette bouillie algorithmique vole 10 centimes par seconde aux artistes humain·es. Des escrocs vont jusqu’à publier de faux titres sous le nom de musiciens décédés pour encaisser les royalties !

En avril, Deezer, concurrent de Spotify qui s’efforce d’identifier toute la musique générée par IA sur sa plateforme, annonçait que 44 % des nouveaux morceaux mis en ligne étaient désormais générés par IA. La passivité des plateformes face à l’invasion de contenus IA participe à enrichir les géants de la tech tout en contribuant à une uniformisation culturelle.

Chaque stream généré par IA fait surchauffer la planète

Derrière cette fausse musique industrielle se cache un gouffre écologique. Générer des millions de morceaux à la minute par des IA requiert une puissance de calcul colossale. Des data centers monstrueux surchauffent jour et nuit alors qu’ils carburent aux métaux rares et à l’énergie fossile. Nous consacrons justement le dernier numéro de notre magazine aux enjeux climatiques derrière le boom de l’intelligence artificielle.

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