Les géants de la tech construisent leurs data centers pile là où il n’y a plus d’eau

Les États-Unis connaissent leur début d’année le plus sec depuis 1910 et sont également en proie à de nombreux feux de forêt. Plus de 60 % du territoire américain est actuellement touché par la sécheresse d’après le US Drought Monitor, soit le Système de surveillance de la sécheresse aux États-Unis. Réponse de la tech ? Accélérer le rythme de construction des centres de données.
On compte plus de 5 000 centres de données dans le pays selon l’Environmental and Energy Study Institute, et 65 nouvelles infrastructures pour soutenir le boom de l’IA seraient en construction selon la carte participative de la célèbre activiste écologiste Erin Brockovich. Le hic ? La majorité de ces centres de données seraient construits dans le sud, région déjà sèche.
Sur les data centers en cours de construction recensés par l’initiative d’Erin Brockovich :
- 8 nouveaux centres de données sont en construction au Texas, zone souffrant de sécheresse sévère à extrême
- Des projets sont aussi répertoriés en Louisiane et au Mississippi, en Géorgie, au Tennessee, en Caroline du Nord et en Caroline du Sud, en Virginie… Ces régions ne sont pas épargnées par les conditions de sécheresse graves, voire exceptionnelles.
Ces territoires ont en commun des terrains peu chers, des avantages fiscaux et de belles capacités énergétiques.

Une réponse de l'IA = une bouteille d'eau
Un grand data center peut consommer jusqu’à 19 millions de litres d’eau/jour selon l’Environmental and Energy Study Institute, une ONG américaine. C’est la consommation d’une ville de 10 000 à 50 000 habitant·es. À l’échelle des États-Unis, la consommation en eau des data centers monte à 1 milliard 700 millions de litres et on ne vous parle même pas de la consommation à l’année, qui explose tous les plafonds.
Générer une réponse IA du modèle GPT-3 d’OpenAI de 100 mots équivaut à gaspiller une bouteille d’eau de 50 cl, estiment des chercheurs de l’Université de Californie à Riverside. La hausse des températures accroît les besoins en refroidissement, ce qui peut entraîner une augmentation simultanée de la demande en eau et en électricité. C’est un cercle vicieux breveté par la Silicon Valley : plus le climat déraille, plus l’IA a soif.
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