Cet article est issu du magazine Chut! n°7 – Lost in election, paru en septembre 2021.

De quelle façon les politiques s’emparent-ils du numérique pour leur campagne ?

Si dans les années 1990-2000, les partis puis les candidats en France vont se doter de sites et de supports numériques dans un but informationnel, le référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005 est un tournant. Tandis que les médias mainstream se prononcent globalement en faveur du oui, des acteurs citoyens s’organisent sur le web pour le non, qui va d’ailleurs l’emporter. Les acteurs politiques vont alors prendre conscience de l’importance d’Internet et du rôle qu’il peut jouer. Ségolène Royal, en 2007, va s’en servir d’une façon assez unique dans l’histoire des campagnes électorales en appelant à la contribution d’idées en ligne pour l’élaboration de son programme.

Mais dès les années 2010, les candidats privilégient des plateformes permettant aux soutiens de se manifester et de s’organiser pour réaliser des actions en faveur du politique, pour faire du porte-à-porte, publiciser les idées du candidat lors d’un événement particulier ou pour se mobiliser sur Twitter lors de débats télévisés. Les internautes ne contribuent plus à la campagne en proposant des idées, mais en se mettant au service du candidat, en devenant leur porte-parole. Il s’agit d’utiliser le numérique comme point d’accroche pour obtenir de la résonance.

Eva Mignot
Eva Mignot
Plume Journaliste