À Fouju en Seine-et-Marne, l’opposition monte face au plus grand projet de data center dédié à l’IA

Campus IA, le projet à 50 milliards d’euros sur 90 hectares de terres agricoles, inquiète les associations et les riverain·es.
Annoncé par l’Élysée en février 2025 à l’occasion du Sommet de l’IA, Campus IA est le plus grand projet de data center européen, situé à Fouju, à quelques kilomètres du Château de Vaux-le-Vicomte.
Les investissements sont colossaux : sur les 109 milliards d’euros d’investissements promis en vue de la construction de data centers en France, le projet a droit à près de la moitié des fonds. L’objectif ? Une mise en service en 2028 pour une puissance de 1,4 gigawatt (GW). Mais le projet Campus IA ne rencontre pas l’adhésion partout.
“C’est l’équivalent de plus de 100 terrains de foot artificialisés sur de très bonnes terres”, alerte Aline Aurias, porte-parole de la Confédération paysanne. Réunies ce mercredi 13 mai, les associations de défense de l’environnement et la Confédération agricole ont dénoncé :
- des possibles émissions de particules fines/PFAS ,
- l’artificialisation de dizaines d’hectares,
- l’explosion des besoins en eau et en énergie,
- et un projet incompatible avec les enjeux de souveraineté alimentaire.
Une soi-disant “souveraineté numérique”
Autre problème, le projet se vend comme un rempart contre les Gafam. La réalité ? Il est majoritairement financé par des capitaux étrangers. Derrière les investissements de Mistral AI et Bpifrance se cache le vrai maître d’œuvre : le fonds émirati MGX (70% des parts). Or, MGX n’a rien d’un défenseur de l’indépendance européenne : ses liens avec Donald Trump et la Silicon Valley sont étroits.
Selon une enquête de l’Observatoire des Multinationales, MGX serait impliqué dans plusieurs projets américains soutenus par Trump :
- « Stargate » : 500 milliards de dollars prévus dans la construction de nouvelles infrastructures numériques aux USA
- Co-acquéreur de TikTok US avec Oracle
- Investisseur historique dans OpenAI, Anthropic et xAI (Elon Musk)
Comment parler de souveraineté française quand les clés du projet sont à l’étranger ?
Quelle issue possible face à la contestation ? Même si les oppositions montent, le projet a de très grandes chances d’aboutir : inscrit dans le projet France 2030 qui soutient le développement de la compétitivité industrielle et des technologies françaises, il bénéficie d’un fort soutien politique.
La souveraineté numérique en question dans Chut! N°20 – Un Monde sans Gafam
À l’heure des annonces du gouvernement de quitter Windows au profit de Linux au nom de la “souveraineté numérique”, la position de l’État questionne.
On en parle dans l’article “La quête ambiguë d’autonomie de l’État” dans notre dernier numéro – Un Monde sans Gafam disponible via l’abonnement ou à l’unité.
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