L’État du Maine, et pas seulement

Si le Maine vient de faire parler de lui en devenant le premier État américain à interdire la construction de data centers, d’autres États devraient suivre : New York, la Caroline du Sud, l’Oklahoma, ou encore la Virginie considérée comme l’épicentre de l’opposition citoyenne qui comptabilise de nombreuses initiatives. 

La mobilisation prend désormais une ampleur nationale. Selon le Data Center Watch*, qui recense les initiatives (activités militantes et responsables politiques) qui s’opposent aux projets de data centers, on compte désormais 142 groupes militants répartis dans 42 États américains. 

Mais alors, pourquoi une telle contestation ? L’opposition aux data centers s’inscrit dans la mouvance NIMBY (Not In My BackYard – pas près de chez moi). La raison N°1 semble être la hausse des factures d’énergie, mais également des raisons écologiques comme la consommation d’eau, la préservation des espaces verts, ou encore l’impact sur la valeur des propriétés et les nuisances sonores. 

Un fait surprenant : la contestation dépasse les clivages politiques 

Selon le Data Center Watch, les États qui s’opposent aux data centers sont autant républicains que démocrates, mais pas pour les mêmes raisons. Les élus républicains évoquent souvent les incitations fiscales et la pression sur le réseau électrique, tandis que les démocrates privilégient les impacts environnementaux et la consommation des ressources. Même le Texas soutient une réglementation plus stricte auprès du Sénat.

Et en France ? L’association Le Nuage était sous nos pieds, a publié en décembre 2025 une carte qui recense 348 datacenters effectifs en France et 46 projets en cours de déploiement : 27 annoncés, 11 en instruction administrative et 8 en construction.  À cela s’ajoutent 63 sites « clés en main » proposés par la direction générale des entreprises en lien avec EDF et RTE.

Un déploiement facilité par la loi. 12 associations, dont DataForGood, la Quadrature du Net et Le Nuage était sous nos pieds, alertent sur la loi de simplification et la souveraineté dont l’article 15 prévoit de faciliter les installations en accordant le statut de « projet d’intérêt national majeur » aux data centers. La mobilisation citoyenne émerge un peu partout sur le territoire. Dans les Bouches-du-Rhône, dans la Drôme près de Valence, dans l’Indre avec un projet porté par Google, du côté du Bourget …les projets de data centers font face aux opposants locaux qui dénoncent les atteintes environnementales et lancent des pétitions. 

À l’approche des élections présidentielles, le sujet des data centers sera-t-il débattu, dans ce contexte d’opposition montante ? À suivre… 

Le développement de la tech vous questionne ? Rejoignez la résistance avec Chut! Magazine. Découvrez notre nouveau numéro Chut! N°20 – Un Monde sans Gafam, disponible avec l’abonnement ou l’unité.