Les écologistes, entre éco-anxiété et éco-colère

Sécheresse, incendies, inondations… Les images des catastrophes climatiques peuvent exacerber le sentiment d’impuissance. Sur les réseaux sociaux, certain·es accueillent cette anxiété pour mieux la transformer en moteur de la transition écologique.
La crise climatique nous fait changer d’ère. Dans la biographie des comptes Twitter et Instagram de Greta Thunberg, on peut lire « Born at 375 ppm », du nom d’une unité de mesure utilisée par les scientifiques pour calculer le taux de pollution atmosphérique. Née à Stockholm en 2003, la célèbre activiste climatique ancre donc son existence dans un calendrier d’un genre nouveau. Un calendrier dont « l’An 1 » se situerait à la toute fin de l’ère préindustrielle, lorsque le nombre de particules polluantes par millions de molécules d’air n’avait pas dépassé les 300 ppm. En 2022, ou, si l’on préfère, en 417 ppm, l’angoisse ressentie par Greta Thunberg face au dérèglement climatique est clairement identifiée par les psychologues sous le terme d’ « éco-anxiété », que certains médias ont parfois désigné comme le « mal du XXIe siècle ». La revue The Lancet y a consacré une étude menée en 2021 sur 10 000 jeunes de 16 à 25 ans, issu·es de dix pays différents. Les trois quarts considèrent que l’avenir est effrayant. Face à des gouvernements perçus comme renvoyant l’agenda cli- matique aux calendes grecques, et à un traitement médiatique décorrélant les catastrophes naturelles de l’activité humaine, les communautés écosensibles ont trouvé sur les réseaux sociaux un débouché pour parler de ces questions.
« Je suis devenu éco-anxieuse vers la fin du collège, lorsque j’ai commencé à regarder quotidiennement des vidéos de deux heures sur l’effondrement. Pendant un an, j’ai fait pas mal de crises d’angoisse, je n’appréciais plus rien car je me culpabilisais pour tout », explique Andréa, 19 ans, étudiante en école d’art à Paris. Alix, 19 ans elle aussi, décrit des « ressentis négatifs » qui sont arrivés « lors des premières années d’études, lorsque j’ai commencé à me demander comment je voulais vivre, consommer et travailler ». L’étudiante en agronomie rejette toutefois le terme d’éco-anxiété : « C’est un terme qui peut faire croire que, si quelqu’un ressent de l’angoisse, c’est de sa faute, alors que la situation actuelle est réellement angoissante. » Une position qui fait écho aux propos de Véronique Lapaige, médecin et chercheuse en santé mentale, qui a inventé le terme d’éco-anxiété en 1996. Selon elle, ce n’est pas une maladie mentale mais un mal-être, une réaction adaptative qui doit mener vers un engagement responsable.
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