« J’envoie ce tweet dans l’espace via le satellite Starlink. » Comme à son habitude, Elon Musk gazouille pour faire la promotion de son empire. Après les voitures électriques, l’Hyperloop et les SpaceX Falcon 9, le désormais deuxième homme le plus riche du monde mise sur ses satellites pour s’enrichir. En orbite autour de la Terre, ces engins permettent de diffuser Internet dans des zones reculées où le réseau est mal ou non desservi et donc, de tweeter à tout va.

L’idée semble louable. ­Avec la Covid, le numérique est devenu encore plus indispensable à nos sociétés. Travail, cours, apéros, courses… Pendant ces (longs) mois de confinement, une partie de la société a vécu à travers ses écrans. Une chose en entrainant une autre, l’accessibilité numérique est devenue un enjeu social encore plus central. Et si ces satellites résorbaient l’exclusion sociale du web ? « Avec Elon Musk, il y a souvent un enrobage philanthropique, mais il ne faut pas être dupe, met en garde Arnaud Saint-Martin, chargé de recherche au CNRS. Les voitures électriques, son projet d’aller sur Mars : il les présente aussi comme de la philanthropie. Il dit partout : « Je vais sauver l’humanité ». Mais cela reste de l’accumulation capitalistique hyper prévisible ! » Le sociologue doute des annonces initiales : « Starlink vise certains marchés de défense. Il est probable que le client le plus sûr, ce soit l’armée. »

Vincent Bresson
Vincent Bresson
Journaliste
Boomer en devenir, Vincent est un journaliste indépendant traînant sa plume auprès de différentes rédactions. Passionné par les communautés marginales et les mèmes bien sentis, il aime particulièrement écrire sur les usages des nouvelles technologies.