Entre une explosion démographique et des enjeux climatiques de plus en plus difficiles, il devient essentiel de bouleverser les codes de l’agriculture traditionnelle. Bien loin de l’image du paysan dans sa cambrousse, l’agriculteur d’aujourd’hui est ultra connecté. Le numérique est devenu une ressource indispensable de la profession tout comme les récentes innovations technologiques. Le data prend notamment une importance grandissante pour satisfaire des consommateurs avides de traçabilité et de transparence. À tous les niveaux, la France compte parmi les leaders européens en matière d’Agritech. Les jeunes entreprises se multiplient dans le domaine et se regroupent au travers d’associations comme la Ferme Digitale ou rejoignent des projets d’incubateurs tels que Bpifrance.

Bienvenue dans l’agriculture connectée 2.0

D’après la société d’investissement Xange, l’hexagone compterait pas moins de 250 start-ups prometteuses. Parmi les innovations numériques recensées pour améliorer la production, on retrouve les robots autonomes, les capteurs, les systèmes de drones, mais également de nombreuses applications et algorithmes pour aider à faire les choix les plus judicieux. Certaines abordent le côté vente à travers le e-commerce, d’autres le financement participatif. Dans tous les cas, les pépites de l’Agritech sont le fruit de problématiques observées sur le terrain avec pour objectif de répondre aux véritables besoins de l’agriculture moderne.

Dorénavant les agriculteurs sont des entrepreneurs aguerris qui utilisent les réseaux sociaux pour dialoguer avec leur clientèle. Ils disposent d’appareil météo numérique pour leurs cultures et de systèmes de télésurveillance pour le bétail. Les nouvelles technologies de smart-farming rythment leur quotidien et la robotisation y est de plus en plus présente. À lui seul, le secteur représente le second marché d’appareils de robotique pour les professionnels, estimé à 16,3 milliards de dollars pour 2020.

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À l’aube des premières voitures autonomes, le hardware de l’agriculture a fait ses preuves. Des entreprises comme Naio apportent une alternative au glyphosate pour préserver la qualité des sols grâce aux des robots désherbeurs autonomes. Dotés de la technologie de laser Lidar, d’un GPS et d’une caméra de vision pour mieux appréhender l’environnement direct, les robots se déplacent et exécutent le programme sélectionné en amont.

Autre problématique actuelle, la réalisation d’une production proche des villes où la place manque cruellement. Pour répondre à cette demande grandissante, les fermes verticales semblent promises à un bel avenir. En fin d’année 2018, la pépite française Agricool a notamment levé 25 millions d’euros fin 2018 pour le développement de ses fermes urbaines.

Après la Big Data, place à l’Agridata !

Comme dans bon nombre de secteurs d’activité, l’accumulation de données pertinentes ouvre de nouvelles possibilités. L’agriculture de précision se démocratise de plus en plus en offrant une forte valeur ajoutée aux divers exploitants. C’est le cas de la start-up Karnott dont le boitier connecté contribue à assurer un suivi efficace des interventions agricoles et de la gestion du matériel.

À cela s’ajoute une numérisation quasi systématique des terrains agricoles au travers de différents capteurs toujours plus performants comme ceux que propose la jeune pousse Visio-Green. Un système qui permet d’ajuster de manière optimale la quantité de produits phytosanitaires là où il faut et quand il le faut !

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Les diverses innovations dans le domaine ont besoin de plateformes pour mutualiser toutes les données alors que les agriculteurs prennent pleinement conscience de l’importance de ces dernières. À l’image d’Api-Agro, des lieux d’échange d’informations agricoles voient le jour.

Dans la lignée de l’Agridata,  les consommateurs sont de plus en plus regardants sur la traçabilité des produits et la fiabilité des informations. Un besoin que certaines start-ups comme Connecting Food tentent de combler au travers d’un traçage des données de la fourche à la fourchette en utilisant la blockchain. Un moyen idéal d’assurer la fiabilité et la transparence des données.

 

 

Sur le point de relever d’importants enjeux dans les décennies à venir, l’agriculture française peut compter sur l’écosystème d’entreprises innovantes de l’Agritech. Toujours plus connecté et influencé par le traitement de la donnée, le secteur va bénéficier de nombreux progrès pour améliorer son rendement et la qualité de la production. À travers des capteurs, des drones, des robots, la blockchain, le machine learning et toujours plus de data, l’agriculture a déjà bien entamé sa révolution numérique. 

Thomas Bossy
Thomas Bossy
Scribe numérique
Voilà un mot bien inusité pour se retrouver devant notre digital, qui lui bien connu, envahit nos vies modernes d’une multitude de manières. J’aime jouer sur les contrastes, fouiller, chiner et comprendre ce qui fait les particularités d’un sujet pour le mettre en avant. Je suis un scribe derrière son écran.