Quel objectif poursuivez-vous avec Startup For Kids ?

Ce n’est pas parce qu’on est un utilisateur et une utilisatrice de Tik Tok ou Facebook que l’on connait bien le numérique. C’est ce que l’on s’efforce de rappeler aux parents comme aux enfants. C’est pourquoi nous nous sommes donnés avec Startup For Kids la mission d’acculturer les jeunes à l’innovation et à la tech, et plus précisément à la tech for good. Il s’agit de leur montrer comment les outils numériques peuvent être au service de leurs projets, comment ils peuvent résonner efficacement avec le numérique. Le numérique n’est qu’un outil, comme un marteau ou une perceuse. Ils ont ainsi tout un panel d’outils pour créer, imaginer, amplifier ce qu’ils veulent faire. Et avant de les lancer dans l’outil, nous les amenons à avoir un temps de réflexion sur ce qu’ils et elles ont justement envie de créer, en tentant de leur montrer comment ne pas être des utilisateurs passifs et avoir un bon usage des technologies.

A qui s’adresse les ateliers et conférences de Startup For Kids ? Comment s’y rendre ?

La culture numérique se construit à différents niveaux. Il y a ce que l’on voit de façon criante avec l’illectronisme, mais en fait cela concerne aussi les entreprises et leurs collaborateurs. Il leur manque souvent des bases pour appréhender les nouvelles technologies et leurs usages. Nous proposons ainsi des ateliers aux enfants dès 6 ans, et pour la partie « teens » jusqu’à 20 ans. Nous sommes de plus en plus amenés à construire des ateliers pour les adultes et les seniors. Nous faisons également des conférences pour les parents.

Nous sommes essentiellement en région parisienne et depuis l’année dernière nous faisons des formats dans les territoires. Toulouse, Strasbourg et Lille par exemple. En fonction des règles sanitaires en vigueur dans les prochaines semaines, nous allons démultiplier les formats avec plus d’ateliers en ligne. Ces formats sont très complémentaires de nos formations présentielles. Nous aimons toujours beaucoup le présentiel d’ailleurs, mais la contrainte du Covid donne aussi la possibilité de toucher les personnes qui ne sont pas près de nos évènements.

Cette année, vous lancez un nouveau programme, Change Mak'Her. Qu’est-ce qui vous a amenée à créer ce programme ?

En plus des ateliers sur la journée ou de quelques jours, nous avons travaillé sur des formats plus longs, sur plusieurs mois, où nous avons la possibilité d’accompagner les participant.es dans la durée. L’impact est alors vraiment significatif. Et pour ces programmes, nous nous sommes demandé comment faire pour amener les filles à s’y intéresser. Après avoir essayé des programmes avec des quota, nous avons décidé de tenter un programme destiné seulement aux jeunes filles. Avec Change Mak’Her, nous accompagnons 25 lycéennes, à raison d’une après-midi tous les 15 jours, pour qu’elles développent une solution sur l’égalité femme-homme. L’objectif est que chacune puisse proposer un prototype en fin d’année scolaire. Elles auront des mentors, hommes et femmes, tout au long du programme pour les conseiller. Le programme commence le 15 octobre sur un format hybride, en présentiel et en virtuel.

Pour assurer de la mixité sociale, nous avons fait appel à d’autres associations également, afin d’avoir des jeunes filles de différents horizons. Car c’est riche d’être entouré par des gens qui vivent des choses différentes. Avec un programme sur la durée, elles devraient tisser de vrais liens entre elles. L’idée du programme et aussi de se faire un réseau et d’en construire les prémices. Dans ce sens, elles vont avoir des marrainages individuels. Nos partenaires sont ainsi les premiers mentors. Finastra, une fintech engagée sur les enjeux de femmes dans la Tech, la BNP, Engie, des écoles aussi, comme Adatech School, 42, Epitech…. L’idée est de favoriser le transgénérationnel. Il y aura donc 5 équipes de 5 filles. J’espère qu’elles penseront à des projets qui s’adresseront à tous les âges.

Aurore BISICCHIA
Aurore BISICCHIA
Conteuse numérique
Cofondatrice du média Chut !