Dalibo est une entreprise spécialisée dans le logiciel libre. En quoi cela influence-t-il la culture de l’entreprise ?

Nous avons grandi avec un double ADN : l’open source et le modèle de la Scop (Société coopérative et participative). Nous sommes spécialisés dans le logiciel de gestion de base de données PostgreSQL, qui a la particularité d’être open source. C’est une vraie culture autour de laquelle gravitent des contributeurs et contributrices du monde entier et de laquelle sont issues beaucoup de personnes, souvent des mordu·es du « libre ». Chez Dalibo, tous les développeur·ses, DBA et chefs de projet participent, à leur niveau, au développement et à l’amélioration de PostgreSQL et ses logiciels satellites, tout en fournissant des prestations de conseil, de formation et de support aux entreprises ayant choisi ce système pour gérer leurs données.

Quels sont les avantages à travailler sur des systèmes open source pour les organisations ?

Travailler en open source, c’est évoluer dans un environnement d’innovations permanentes, développées par une communauté de passionné·es internationaux. C’est la garantie d’avoir des lignes de code pérennes, incessibles et, dans le cas de PostgreSQL, une licence entièrement libre et gratuite. Dans le climat d’incertitude économique causé par la pandémie de Covid-19, l’open source devient une valeur refuge vers laquelle de nombreuses entreprises et administrations font migrer leurs systèmes informatiques.

Comment cette culture libriste se traduit dans votre organisation du travail ?

Chez Dalibo, nous ne sommes pas tous informaticien·nes, mais l’amour du « libre » nous réunit. Cela se traduit évidemment dans nos outils, puisque nous travaillons avec des logiciels libres, mais aussi dans nos méthodes. Nous valorisons en effet le travail collectif et la validation des décisions par les pairs. Dans nos statuts, il est inscrit que chaque collaborateur·rice a le droit à la créativité et à l’initiative individuelle. Nous avons ainsi mis en place des plages de travail « CCC » (Contributions, Communauté, Connaissance) grâce auxquelles tout le monde peut consacrer 20 % de son temps à un travail de recherche. La performance économique de Dalibo résulte aussi de cette place accordée à l’amélioration du fonctionnement de PostgreSQL mais aussi de notre entreprise.

Dans ce contexte de télétravail permanent, comment veillez-vous au bien-être de vos collaborateur·rices ?

Comme nous l’avons instauré dès la création de Dalibo en 2005, nous avons acquis suffisamment de maturité pour nous assurer que la communication interne reste fluide. La majorité des échanges ont lieu par écrit, c’est pourquoi nous sommes très attentifs à l’ergonomie de nos outils, aux méthodes de communication non violente et à l’accueil des nouvelles recrues. Nous avons à cœur de respecter l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, le droit à la déconnexion et le respect des 35 heures. Nous sommes tous un peu modérateur·rices et attentif·ves à la santé mentale des autres. Nous organisons des coworks réguliers, mais aussi quatre regroupements par an où nous nous rencontrons, préparons des assemblées, ainsi que des ateliers et des moments plus informels pour échanger.

Pourquoi le modèle de la Scop est-il plus adapté à cette culture du partage ?

C’est un choix que nous avons effectué six ans après la création de Dalibo. Rendre statutaire le partage du capital et du pouvoir de décision a à la fois instauré une confiance solide entre nous, et assure notre pérennité. Grâce au système de la Scop, les bénéfices sont redistribués entre tou·te·s les salarié·es, qui peuvent par ailleurs candidater pour devenir associé·es. Chaque associé·e dispose d’une voix pour voter les choix stratégiques de l’entreprise, comme l’élection du binôme de gérance tous les deux ans. C’est une responsabilité et une opportunité pour toutes et tous de co-définir les objectifs RSE de l’entreprise, mais aussi une obligation de transparence sur la grille des salaires dès l’entretien d’embauche, le bilan comptable, les réunions du comité de direction. Ce mode de gouvernance et ces valeurs nous ont valu dernièrement le Prix pour un Numérique Ouvert et Éthique, par les Acteurs du Libre en 2021. Mais c’est un statut exigeant : pour rester sur la liste officielle des Scop, nous devons réussir un audit chaque année. Finalement liée à notre esprit open source, cette soumission de nos pratiques à un regard critique extérieur nous permet de continuer à nous améliorer.

À PROPOS DE NOTRE PARTENAIRE

Créée en 2005 autour du logiciel libre PostgreSQL, Dalibo a bâti une solide expertise en bases de données.
Forte de 37 salarié·es, elle est aussi marquée par le choix original du statut coopératif qui enrichit ses prestations et ses pratiques internes.

La rédaction de Chut !
Chut ! est un magazine de société qui prend le temps d’observer l’impact du numérique sur nos vies.