Un « objet sans désir » ? C’est en ces termes qu’en 2016, quatre chercheur·ses (Anne Aguiléra, Virginie Lethiais, Laurent Proulhac et Alain Rallet) qualifiaient le télétravail, dans un article éponyme pour la Revue d’économie régionale et urbaine. De fait, selon le ministère du Travail, en 2017, seuls 7 % des salarié·es français·es, majoritairement cadres, étaient concerné·es par le télétravail, et 3 % par une pratique au moins une fois par semaine. Une époque récente, que l’épidémie de Covid-19 semble avoir rendue caduque. Du moins pour le moment. En janvier 2021, 30 % des personnes en emploi télétravaillaient au moins quelques jours par mois. Un phénomène comme toujours plus aigu dans les grandes villes, et notamment en région parisienne. Selon l’Institut Paris Région, 42 % des actif·ves francilien·nes ont ainsi pratiqué le télétravail régulièrement entre août 2020 et août 2021, deux à trois jours par semaine pour la moitié d’entre elles et eux.

Jusqu’ici promis à un développement qui semblait ne jamais se concrétiser massivement, le télétravail s’impose désormais dans le paysage social. Cette nouvelle ampleur marque-t-elle durablement l’entrée dans l’ère d’un télétravail désiré et désirable ? Assiste-t-on à une véritable révolution du travail par le télétravail ?

Catherine de Coppet
Catherine de Coppet
Plume Journaliste