Cet article est issu du magazine Chut! n°7 – Lost in election, paru en septembre 2021.

Pourquoi de nombreuses croyances infondées persistent-elles à une époque où le savoir est à portée de clic ?

Nos capacités de traitement de l’information sont relativement limitées, alors même que nous sommes exposés à beaucoup d’informations. De plus, les humains ne sont pas très forts pour distinguer le vrai du faux. Une étude réalisée sur des citoyens anglais a montré que sur l’ensemble de la population, seulement 4 % étaient capables de distinguer les vraies informations des fausses. Problème : ces dernières circulent beaucoup plus vite que les informations valides.

Au quotidien, nous n’avons ni le temps ni les connaissances pour valider toutes les informations qui font partie de notre stock de connaissances intouchables. Si je demande à des individus pourquoi la Terre est ronde, ils auront très peu d’éléments pour valider par eux-mêmes qu’elle l’est. C’est une croyance par procuration : on fait confiance à l’institution scientifique. Les platistes sont souvent aussi intelligents que nous, simplement ils ont poussé le doute si loin qu’ils en viennent à contester le b.a.-ba de la connaissance scientifique. À partir de là, ils peuvent développer un argumentaire selon lequel toute la société est organisée pour faire croire que la Terre est ronde. On touche là un autre problème très important : la montée de la défiance. Une partie des citoyens ne fait plus confiance à une distribution verticale de l’information, celle qui provient des intellectuels, des journalistes et des scientifiques. À partir de ce moment, tout devient possible.

Vincent Bresson
Vincent Bresson
Journaliste
Boomer en devenir, Vincent est un journaliste indépendant traînant sa plume auprès de différentes rédactions. Passionné par les communautés marginales et les mèmes bien sentis, il aime particulièrement écrire sur les usages des nouvelles technologies.