THE SORORITY, c’est la volonté de créer un réseau féminin et bienveillant pour améliorer la condition des femmes à tous les niveaux dans notre société. C’est trouver de l’aide là où l’État ou les autorités n’ont pas encore trouvé de solutions. C’est trouver une oreille attentive quand on fait face à des médecins qui ne vous comprennent pas. C’est trouver de l’aide quand votre entourage n’est parfois pas là pour vous. C’est faire bouger les lignes pour que la société change. C’est se soutenir pour construire un monde meilleur. Et là, vous vous dites une utopie de plus ! Et si THE SORORITY semble faire écho au pitch du film Un monde meilleur, ce n’est pas pour son coté fictif, mais pour le potentiel de son réseau alternatif.

THE SORORITY, ce n’est pas qu’un doux rêve, c’est du concret. C’est d’abord trois belles personnes qui portent un projet avec foi, fougue et humanité, Priscillia, Fanny et Thibaud. THE SORORITY souhaite offrir un réseau féminin d’entraide au niveau de la sécurité des femmes et aussi de leur épanouissement. L’application se veut mettre à disposition un réseau social permettant d’échanger, de communiquer et d’intervenir en cas de danger. Elle offre aussi une plateforme d’« empowerment » entre femmes permettant d’échanger des conseils, compétences ou contacts.

À l’origine de cette aventure, Priscillia. Le déclic, elle n’en a pas eu un, mais plusieurs. À la suite d’un burn-out professionnel, elle ne parvenait plus à être en accord avec elle-même et son travail. Quelque chose sonnait faux, mais quoi ? C’est la bienveillance de son médecin combinée à la lecture du livre Âme de sorcière, de l’auteure Odile Chabrillac, qui lui a permis à la fois de s’autoriser à s’écouter et qui l’a inspiré. Pourquoi pas instiguer plus de bienveillance au quotidien ? Et si on exploitait l’or le plus précieux, l’humanité de chacune ? C’est sur ce leitmotiv que Priscillia a su rebondir et dans sa course effrénée, elle a su embarquer ses deux partenaires. Fanny, la graphiste et directrice artistique, apporte sa touche d’esthétisme à l’application, pour lui donner la part belle. Thibaud, le CTO et développeur, ancre l’application dans le réel pour que le rêve devienne réalité. Ce trio de choc part donc à la conquête de l’humain, pour créer du lien entre les femmes. Et à l’occasion de leur campagne de crowdfunding, on a eu le plaisir d’interviewer Priscillia, CEO de THE SORORITY.

Qu’est-ce qui t’a motivé à créer THE SORORITY ?

Priscillia. Mon parcours en grande partie. À la suite de mon burn out, j’ai vu le potentiel que pouvait offrir la bienveillance autour de nous. J’ai constaté que c’était à portée de main, il suffit de connecter les gens. On est si nombreuses, c’est une force incroyable et inexploitée. Si chaque femme était connectée aux autres, elles pourraient s’entraider sur tellement de domaines différents. À partir de mes expériences personnelles et en faisant des recherches, j’ai constaté qu’aucune initiative de ce genre et de cette envergure n’avait été tentée. Et pour celles qui l’étaient via des associations, elles n’étaient malheureusement pas connectées entre elles. Je me suis dit, go ! Rien à perdre, il faut tenter l’aventure !

Quel est le but de THE SORORITY ?

Priscillia. THE SORORITY est une application qui a pour but de connecter les femmes afin qu’elles s’entraident en cas de danger ou pour s’épanouir dans la vie. Les deux objectifs sont d’assurer la sécurité des femmes et d’encourager leur épanouissement. Pour ça, l’application se base sur la « sororité ». Le lien puissant entre les femmes, la bienveillance qu’elles peuvent se manifester, le soutien et l’entraide. Le lien qui unit chaque femme de par leur vécu et leur condition.

L’aspect sécurité permet notamment de pouvoir lancer avec un simple bouton une alerte aux femmes les plus proches de vous. Elles pourront ainsi faire appel aux personnes (femmes et hommes) aux alentours pour intervenir sur le moment et vous venir en aide, sans se mettre en danger. Et dans un monde où en France, 100 % des femmes ont été victimes de harcèlement dans les transports en commun au moins une fois dans leur vie, ce n’est pas négligeable !

L’application a aussi pour but de permettre aux femmes de prendre confiance, de sortir des sentiers battus. Chacune aura un profil où elle pourra indiquer ce qu’elle peut apporter aux autres et ses besoins et projets du moment. Un moteur de recherche permettra de trouver d’autres femmes avec des intérêts communs et d’échanger avec elles. On pourra aussi trouver des articles, du contenu partagé et des événements pertinents en lien avec ses aspirations. Seront aussi mis en avant les lieux et les associations en lien avec ses intérêts. Pas de feed inutile, juste du contenu en accord avec ce que vous cherchez et un réseau de femmes bienveillantes et prêtes à s’entraider et se tirer vers le haut !

Dans un contexte où on médiatise de plus en plus les féminicides, peux-tu nous en dire un peu plus sur l’aspect sécurité de l’application ?

Priscillia. Elle présentera plusieurs options. Elle pourra afficher un message d’appel à l’aide discret si besoin sur votre écran de téléphone. Ou si nécessité urgente il sera possible de déclencher une alarme sonore comme outil de dissuasion ou d’appel au secours. Elle permettra aussi de contacter directement des femmes connectées à l’application pour échanger et ne pas se sentir seule. Et comme expliqué, il y aura le bouton « lanceur d’alerte » qui sera constamment accessible sur l’application au besoin.

Les femmes représentent la moitié de l’humanité. Imaginez si ne serait-ce que la moitié d’entre elles était sur l’application THE SORORITY ! Si quelqu’un tentait de vous agresser dans le métro ou si vous en étiez témoin, un quart des personnes recevrait votre alerte. Un quart des personnes dans un métro contre un seul agresseur, ça peut vous sauver.

Imaginez maintenant une personne en détresse dans sa propre maison, une femme menacée par son conjoint. Il s’agit de vous ou d’une proche. Vous pouvez lancer une alerte et c’est tout un groupe de personnes qui pourra se mobiliser. Elles pourront intervenir moralement et physiquement (dans la mesure où elles préservent aussi leur propre sécurité) et faire appel aux autorités compétentes. Ca peut sauver une vie.

THE SORORITY est-elle une application uniquement pour les femmes ?

Priscillia. Oui, THE SORORITY est réservée aux femmes. Le but ici n’est absolument pas d’exclure les hommes de l’équation. Tous les hommes qui souhaitent aider et encourager les femmes sont les bienvenus. Seulement, il me semble judicieux dans un premier temps, ou en tout cas en parallèle que les femmes aient un endroit où elles se sentent en sécurité et en confiance. Un « safe place », en somme, où elles pourront se reconstruire si besoin, prendre confiance en elle et se soutenir pour aller plus loin. Les hommes bienveillants peuvent toujours au quotidien être des alliés. Par exemple, en faisant passer le mot aux femmes qu’ils connaissent au sujet de THE SORORITY.

Selon toi, s’il n’y avait pas eu la technologie, est-ce que le projet aurait été possible ?

Priscillia. Non, parce qu’il est impossible de toucher autant de monde sans technologie. Cependant ce qui nous tient à cœur dans notre démarche, c’est de mettre la tech au service de l’humain et non l’inverse, comme on a trop souvent tendance à le constater.

L’application sortira en janvier 2020 pour la partie « sécurité des femmes » et courant, mai pour la partie entraide et épanouissement. Que vois-tu pour la suite ?

Priscillia. J’aimerais qu’on puisse toucher un maximum de femmes et que, quel que soit l’endroit où elles se trouvent, elles puissent s’assurer de trouver du soutien si besoin. On est en train de travailler sur la traduction de l’application pour l’internationaliser. On espère aussi pouvoir pousser plus loin le concept d’épanouissement pour encourager les femmes à surmonter certains blocages comme le syndrome de l’imposteur. On aimerait mettre à leur disposition davantage d’outils pour les y aider, mais on vous garde un peu de surprises pour plus tard…

 

Loin de vouloir chasser des moulins à vent en solitaire tel Don Quichotte, l’application THE SORORITY offre de créer un réseau de « vigilants » où nous sommes toutes et tous les héroïnes et héros potentiel.les du quotidien. Le réseau n’offre pas seulement un lien grâce auquel on peut compter les unes sur les autres en cas de danger, mais aussi pour grandir et réussir. Elle permet en effet de se connecter à d’autres femmes pour s’épanouir et prendre confiance. Une sorte de « marrainage » mutuel, en somme. THE SORORITY offre un réseau de femmes pour les femmes par les femmes pour que jamais Handmaid’s tale ne devienne prophétique.

 

Pour soutenir leur projet, c’est par ici et jusqu’au 25 novembre, une date symbolique puisque ce sera la journée pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Gwendoline WEBER
Gwendoline WEBER
Ménestrelle numérique
Oscillant entre galéjades giffesques, modération bienveillante, veille im-pertinente, haikus récréatifs et designs amuse-oeil. VENI VIDI SHARED