Alors que Jean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour croisent le fer sur le plateau de BFM TV le 23 septembre dernier, le leader de la France Insoumise avance que des Français·es passent l’hiver dans le noir, faute de moyens. Il est repris, quelques minutes plus tard, par le service de fact-checking de la chaîne d’info en continu, qui lui rétorque que la loi interdit aux fournisseurs d’énergie de couper le courant durant la trêve hivernale. Mais les dires des fact-checkers se sont retrouvés immédiatement fact-checkés à leur tour sur les réseaux sociaux et dans différents médias : les coupures d’électricité sont bien une réalité dénoncée depuis des années. Même si depuis lors, EDF s’est engagée à ne plus couper le courant (mais à réduire sa puissance à 1000 watts en cas de factures impayées), l’affirmation du tribun de la gauche radicale était donc moins fausse qu’elle ne le paraissait. « La difficulté avec cet exercice nouveau, c’est de vouloir faire du fact-checking en direct alors que l’on n’en a pas l’expérience », explique Laurent Bigot, directeur de l’École Publique de Journalisme de Tours et spécialiste de la question. « Quand on prend le fact-checking comme un ressort marketing, on se plante. J’appelle ça des erreurs de jeunesse. »

Vincent Bresson
Vincent Bresson
Journaliste
Boomer en devenir, Vincent est un journaliste indépendant traînant sa plume auprès de différentes rédactions. Passionné par les communautés marginales et les mèmes bien sentis, il aime particulièrement écrire sur les usages des nouvelles technologies.