Une réunion à 106, en ligne. Mission impossible ? C’est le défi que s’est lancé Jacques Fayolle, président de la Conférence des directeurs d’écoles françaises d’ingénieurs. Son objectif : réunir ses confrères afin d’échanger sur les sujets du moment. « J’avais un peu peur au départ, mais finalement, tout s’est bien passé. Nous avons utilisé Zoom, et d’emblée, j’ai proposé des “règles d’hygiène” : couper les micros pour le confort auditif de tous, et ne donner la parole qu’à ceux qui “lèvent la main” numériquement. Les participants ont joué le jeu et la parole a bien circulé », se réjouit-il. Il a fallu davantage de préparation, la durée a un peu débordé, mais l’exercice est réussi. Avec l’idée, de, pourquoi pas, conserver cette utilisation à l’avenir, en alternance avec des rencontres réelles.

Depuis le début du confinement, c’est devenu une véritable habitude : les réunions en ligne et en visioconférences font désormais partie intégrante des journées des télétravailleurs. Microsoft revendique ainsi une croissance de 1 000 % du nombre de visio sur son outil Teams, en mars 2020. Et indique que la durée moyenne des échanges a augmenté « de plus d’une heure ». Il faut dire que les boîtes françaises aiment les réunions. Selon un sondage Opinionway de 2017, nous y passerions 4 h 30 en moyenne, chaque semaine. « La réunionnite n’a pas attendu les outils numériques ! Et en plus, dans une situation de crise, tout le monde a la trouille de faire une erreur, il y a donc une multiplication d’échanges et de contacts, comme pour se rassurer. Je dois dire que je suis impressionné par le taux de présence et de ponctualité dans mes dernières réunions en ligne. On a besoin de parler, de se voir, de recréer du lien », pointe Maurice Thévenet, professeur de management à l’Essec. Son conseil : préparer d’autant plus l’échange virtuel, pour éviter de s’éparpiller.

Laura Makary
Laura Makary
Plume Journaliste