L’impact climatique de l’IA : le vrai du faux

On l’interroge sur nos écrans comme on consulte un·e expert·e ou un·e ami·e. Mais on oublie bien souvent que l’intelligence artificielle est faite de puces, de câbles, d’eau et d’électricité qu’il faut alimenter. Le prix à payer est-il soutenable ?
Vous lui avez demandé de rédiger un mail délicat, de trouver une idée de cadeau, de résumer un rapport de quarante pages et comme toujours, votre IA préférée vous a répondu, vite et bien. Mais elle ne vous a pas dit une chose : ce que ce coup de pouce a coûté à la planète. Tour d’horizon en cinq questions pour mieux comprendre l’impact écologique de cette technologie
1. Les grandes entreprises tech publient-elles des bilans carbone IA transparents ?
FAUX
Au printemps 2025, Sam Altman le fondateur d’OpenAI publie une note sur son blog. Et selon lui, une requête sur son IA ChatGPT ne consommerait pas plus qu’un four pendant une seconde. Mais il y a un petit problème : la méthode de calcul de cette donnée… n’est pas détaillée. Google, Microsoft, Meta, Amazon et OpenAI publient bel et bien des rapports de durabilité annuels. Sauf que ces documents réunissent l’ensemble des activités des groupes, sans distinguer la part imputable à l’IA. Difficile donc de savoir combien de CO₂ coûte précisément une requête ChatGPT ou une image produite par Midjourney. « Et puis, tout va très vite dans ce secteur, reconnait Hugues Ferreboeuf, chef de projet « Numérique » à The Shift Project, think tank spécialisé dans la décarbonation. Une étude publiée par des chercheurs peut devenir obsolète quelques mois plus tard, donc forcément ça devient difficile à suivre pour les consommateurs et les observateurs. » Une situation qui fait le jeu des entreprises de l’IA : révéler l’empreinte carbone précise de chaque service les exposerait à des critiques directes sur leurs usages les plus énergivores et potentiellement à des régulations, alors mieux vaut, de leur point de vue, rester flou. L’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) appelle d’ailleurs à des indicateurs environnementaux standardisés. En Europe, la question s’invite aussi dans les débats réglementaires, mais l’AI Act reste pour le moment principalement centré sur les risques sociétaux plutôt qu’environnementaux.
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