A l'écoute

Vous revenez de la COP26, vous y étiez en tant que coprésidente du mouvement patronal Impact France, qui réunit 7 500 dirigeant·es d’entreprise. Qu’êtes-vous allée faire à Glasgow, précisément ?

C’est ma première COP vécue de l’intérieur, c’était très intéressant. J’avais à cœur de représenter le tissu économique qui apporte des solutions à la question du réchauffement climatique. La raison pour laquelle nous ne sommes pas encore arrivés à appliquer les accords de Paris, c’est que l’essentiel de nos émissions, notamment dans de nombreux pays occidentaux, provient de notre tissu économique, de la manière dont il fonctionne, et de nos politiques publiques. Ces grandes conférences internationales impliquent chefs d’État et ministres, mais peu d’acteurs économiques. Ce qui fait que les accords ont du mal à devenir des réalités. Je suis allée à Glasgow au côté des Collectifs (association qui met en réseau les salarié·es désireux·ses d’agir pour accélérer la transformation écologique de leur entreprise, N.D.L.R.), ce qui était très enrichissant. La transition écologique et sociale ne pourra se faire, en effet, sans l’implication des salariés dans la stratégie de l’entreprise. Malheureusement, on entend trop souvent un discours caricatural qui consiste à dire que transition écologique et emploi ne fonctionnent pas ensemble. Ce n’est pas mon avis, ni celui des Collectifs. Nous pensons que la question environnementale, si elle est traitée dans l’entreprise, sera pourvoyeuse de nouveaux emplois, et qu’elle empêchera par exemple les phénomènes de dumping social ou écologique. Je voulais porter ce message à la COP. J’ai assisté à de nombreux débats lors de la journée « finances », qui est mon domaine de prédilection. C’était frustrant de constater l’impuissance des acteurs. Notamment sur le sujet de la dette climatique.

Catherine de Coppet
Catherine de Coppet
Plume Journaliste