Chut! x France Inter - Un Monde Nouveau

Pour retrouver la chronique plus facilement, rendez-vous à 18min18

Les Déchets d’Equipement Electriques ou Electroniques (DEEE), également nommés e-déchets ne cessent d’augmenter. A tel point qu’en 2021, l’OMS qualifiait ce fléau de « tsunami de déchets électroniques ». Ils pèsent actuellement 61 millions de tonnes, et devraient dépasser les 75 millions en 2030. Or nous avons beaucoup de mal à les recycler et 80 % de ces déchets échappent aux circuits officiels. On ne fait pas mieux avec le plastique puisque, là encore, 90% des déchets ne sont pas recyclés. 

Un vrai casse-tête

Comment l’expliquer? La principale difficulté réside dans le manque d’infrastructures nécessaires pour les collecter et les traiter. Ces filières sont complexes à mettre en place et nécessitent une technologie de pointe qui n’est pas accessible à tous les pays, ni même à toutes les régions au sein d’un même pays comme la France. Quant aux objets eux-mêmes, leurs composants électroniques sont nombreux et présents en toute petite quantité, intriqués les uns avec les autres. Résultat : leur recyclage est un vrai casse-tête. 

Il faut dire que le manque d’information et d’éducation est criante. A commencer par les médias, où l’on pointe souvent la pollution engendrée par l’envoi d’e-mails sans rappeler que ce sont nos équipements (téléphone, tablette, ordinateur) qui sont responsables de 80 % de la pollution numérique.

Des risques pour la santé

Or, en l’absence de traitement adéquat, les déchets électroniques présentent un risque pour notre santé en cas d’exposition. Ils sont classés parmi les déchets dangereux, car ils contiennent des composants toxiques comme le plomb, le mercure, le nickel. L’OMS alertait dans un rapport en 2021 sur cette menace, pointant le développement de troubles de neuro-développement, des altérations des fonctions respiratoires, et dénombrant pas moins de mille substances potentiellement nocives dans les DEEE.

Face à l’augmentation de nos usages, on peut opter pour la « sobriété numérique » en essayant de résister aux sirènes du marketing et en gardant ses équipements le plus longtemps possible. Lors de l’achat, mieux vaut privilégier les appareils réparables, et ensuite, puis s’efforcer d’en prendre soin. Selon l’association Halte à l’Obsolescence Programmée, nous gardons à peine 18 mois notre smartphone en moyenne. Peut mieux faire donc !