“La faible présence des femmes dans mon métier est une véritable anomalie, c’est un échec auquel on ne s’habitue pas. Ceux qui craignent que les femmes prennent le pouvoir ne sont peut-être pas aptes à diriger un business !” Des indignations comme celle-là mettent du baume au cœur, et quand elles viennent d’un P.-D.G. du numérique comme Arnaud de Birmingham, à la tête de l’entreprise de cloud Scaleway, elles sont un signe d’espoir. Car c’est un fait de plus en plus connu, les femmes sont très peu représentées dans l’économie du numérique, qu’on appelle aussi la tech. Une réalité mondiale, qui s’illustre en France par des chiffres impressionnants : seuls 8 % des start-up de tech sont créées par des femmes, selon l’incubateur parisien Willa. « On ne trouve que 15 % de femmes dans les studios de développement de jeux vidéo, et dans l’e-sport, les femmes ne représentent que 5 à 10 % des professionnelles », explique Audrey Leprince, cofondatrice du studio The Game Bakers et de Women in Games, la seule association qui se consacre aux femmes dans le jeu vidéo. 

Au sein des entreprises de tech, la part des femmes à des postes techniques ou de management est en outre systématiquement plus faible que celle des hommes. Quant aux femmes qui créent leur entreprise, elles sont moins nombreuses, mais aussi plus en difficulté que leurs homologues masculins : au niveau européen, l’étude du fonds d’investissement britannique Atomico a montré qu’en 2018, 93 % des fonds levés dans la tech sont allés à des entreprises fondées uniquement par des hommes !

Catherine de Coppet
Catherine de Coppet
Plume Journaliste