Quatre emplois sur dix dans l’informatique étaient occupés par des femmes dans les années 1960-1970. Peut-on parler d'un âge d'or pour elles à cette époque ?

Valérie Schafer. À cette période, les femmes sont plus présentes qu’aujourd’hui dans le secteur, il est vrai. Leur rôle est extrêmement diversifié : il va de métiers très basiques à des tâches complexes dans la programmation. Certaines sont des « cols blancs », elles entrent dans le milieu comme employées de bureau. D’autres effectuent des travaux de techniciennes : embauchées d’abord comme « human computers » pour faire des calculs avant l’arrivée des ordinateurs, elles évoluent vers des postes d’opératrices face aux machines. D’autres enfin, plus rares, entrent dans le milieu parce qu’elles sont ingénieures ou mathématiciennes, et voyant leur évolution professionnelle stagner, créent leur propre entreprise. C’est le cas de Stephanie Shirley en Grande-Bretagne, qui ouvre son entreprise de programmation. Elle y emploie des femmes en freelance, qui travaillent à domicile : ces femmes qui ont un petit niveau d’études sont formées, et leur emploi a l’avantage d’être compatible avec leur vie familiale. On trouve également quelques femmes dans la recherche de pointe, comme Alice Recoque en France. Mais au final, les femmes sont toujours minoritaires aux postes managériaux, de direction d’entreprise et de recherche.

Catherine de Coppet
Catherine de Coppet
Plume Journaliste