« Depuis le premier confinement, les réseaux sociaux me désespèrent, trop de violence, trop de méchanceté », se désole Caroline. Celle qui se décrit comme une « légère accro à Twitter » se retrouve dans une relation d’amour-haine avec ce réseau social. Même chose pour Zeyna, 21 ans : « Je passe beaucoup de temps sur Twitter, jusqu’à cinq heures les jours où je n’ai rien à faire. J’essaye de diminuer le temps passé dessus mais j’ai du mal ». Ces derniers mois, l’actualité a aggravé son anxiété, et a provoqué chez elle de la colère et de la tristesse. « Je suis quelqu’un de très sensible et les réseaux sociaux ont tendance à renforcer cet aspect de ma personnalité », nous explique-t-elle.

Caroline et Zeyna ne sont pas les seules à ressentir ces émotions négatives : en 2018, deux chercheurs de l’Université de San Francisco affirmaient déjà que les smartphones aggravent l’anxiété, la dépression et l’isolement. « J’avais tendance à y aller de façon compulsive. On se dit qu’on doit quitter l’appli, et sans se rendre compte, on la rouvre de suite », constate Chloé, aussi victime de ces émotions négatives. Pour Vanessa Lalo, psychologue clinicienne spécialiste des pratiques numériques, nous ne sommes pas tous égaux face à notre compréhension d’internet : « certains y voient une sorte de défouloir, où on joue; tandis que d’autres pensent internet comme un reflet de la société et de nous-même. »

Pauline Ferrari
Pauline Ferrari
Journaliste Tech
Mes domaines de prédilections : nouvelles technologies, féminismes, sexualités, cultures web et tréfonds d'internet.