Les nouveaux métiers du métavers

A toutes celles et ceux qui n’ont qu’une envie : troquer le masque contre le casque de réalité virtuelle, cette chronique vous est dédiée ! 

Depuis 6 mois on ne parle que de lui, le Métavers, la nouvelle lubie de Mark Zuckerberg, le nouveau rêve d’une Silicon Valley qui justement ne fait plus rêver. Dans la tech, on le sait il y a comme ça des mots qui buzz. On s’en amuse au début, et puis rapidement on s’aperçoit que ça devient sérieux. Et c’est donc une annonce très sérieuse que je vais vous faire ce matin, le Métavers a enfin son école ! Ouf, parce que clairement ça manquait. 

Baptisée le Metaverse College, elle ouvre ses portes à la Défense en octobre prochain et entend former aux métiers permettant de construire cette nouvelle réalité. Alors prenez votre calepin et notez bien. Au Métaverse College, vous pourrez vous former aux métiers Community manager spécialisé XR ou orienté cryptoactifs, développeur XR, gestionnaire de meta patrimoine, chef de projet métavers, meta designer, NFT designer ou encore data architect. 

Je suis sure que vous avez tout compris. En somme, on a là des métiers qui n’existent pas encore pour un monde qui n’existe pas non plus… il faut être sacrément convaincu par le projet pour s’embarquer dans pareille aventure. 

Un métavers ou des métavers ?

Alors ce monde est-il sérieux comme dirait l’autre ? Le problème c’est que ce genre d’annonce ne permet pas de prendre véritablement la mesure du projet Métavers. Alors quand la tech buzz, chez Chut! on lui fait passer l’épreuve du Vrai-faux. C’est donc ce qu’a fait Amélia Morghadi dans l’un des articles de Chut! N°9 Les nouveaux codes du travail. 

Que nous dit-elle ? Déjà pour commencer, le Métavers est pluriel, cessons de parler du Métavers, il ne s’agit pas d’un seul monde, ce sont bien des métavers qu’aujourd’hui plusieurs entreprises développent, et cela ne date de l’annonce d’hier. Le professeur des universités Pierre de Loor nous en parle, « c’est une exploitation purement commerciale de quelque chose qui existait depuis longtemps, avec Second Life par exemple », un jeu open source créé en 2003 qui permet d’évoluer dans un monde fictif, avec un avatar, une monnaie propre et des milliers de possibilités. 

Et de même qu’il n’y a qu’un Métavers, il n’y a pas qu’une entreprise sur le coup, d’autres moins tonitruantes dans les médias sont pourtant très actives comme Microsoft, avec le rachat de la société de jeu vidéo Blizzard Activision ou encore une autre toujours dans le même domaine, Fortnite bien sûr. 

Et puis les métavers sont aussi des univers développés par des startup dans le domaine du travail. On parle ici de corporates métavers, conçus pour améliorer la qualité de vie au télétravail et lutter contre la télétravail fatigue, avec des espaces virtuels communs où les échanges informels seraient plus naturels et spontanés qu’au travers d’un tchat ou d’une visio. 

Et l'éthique dans tout ça ?

Vu comme ça, ça parait plutôt sympa mais le problème c’est qu’il n’y a encore personne pour parler des règles d’utilisation de ces univers qui, pour l’instant, sont préemptés par les GAFAM et qui s’illustrent déjà sur le terrain des discriminations. 

Alors oui certainement les métiers des métavers ont de beaux jours devant eux, mais c’est drôle comme on oublie toujours la brique de l’éthique quand on lance une technologie.

Pourquoi cette école ne propose-t-elle pas par exemple des formations au métier de Méta responsable éthique ?

Voilà, j’avais envie de terminer ma chronique en posant cette question. 

Lec'hvien Julien
Lec'hvien Julien
Journaliste