Chut! On écoute le grand entretien

Vous avez fondé Diversidays avec Mounira Hamdi en 2017 pour promouvoir la diversité dans les entreprises du numérique. De quels constats partiez-vous ? Qu’est-ce qui a changé depuis ?

C’est le manque de diversités, au pluriel, dans la tech, qui a été notre point de départ. Par exemple le manque de femmes, de toutes les femmes : femmes des quartiers,
des zones rurales, femmes seniors, en situation de handicap. Les femmes ne sont pas une et indivisible ! En 2017, la tech représentait une petite élite, en fait plutôt urbaine, pour ne pas dire parisienne, issue des grandes écoles, CSP+. Ces caractéristiques, très excluantes, recoupent d’ailleurs celles des fondateurs de start-up en France, qui représentent finalement une petite frange de la population. En quelques années, certaines choses ont quand même évolué. Il y a une prise de conscience chez certains acteurs de la tech, notamment publics. Je pense au sujet de la formation : la Grande École du Numérique a vraiment été créée pour permettre une présence territoriale des formations à ces métiers, mais aussi pour les ouvrir à davantage de personnes venant des territoires ruraux et des quartiers. On évoque souvent la stratégie des petits pas, ce qui m’agace car je serais plutôt pour la stratégie des grands pas ! Mais il faut faire avancer plein de gens en même temps, qui ne vont pas à la même vitesse : écoles, institutions, pouvoirs publics, start-up, etc. Du côté des start-up, j’ai le sentiment qu’on en est au tout début de cette prise de conscience. Il y a deux ans, on a cofondé avec la Fondation Mozaïk #TechYourPlace, un mouvement qui fédère déjà 22 start-up et deux fonds d’investissement, dont l’objectif est d’inciter les dirigeants à former leurs collaborateurs sur des bonnes pratiques. Guillaume Gibault, P.-D.G. du Slip Français, a été un allié dès la création du mouvement.

Catherine de Coppet
Catherine de Coppet
Plume Journaliste