« Les gens de votre âge mettent beaucoup de temps à acheter une maison, c’est un peu la honte, non ? » « Vous avez détruit l’économie, ça, c’est la honte ! » Sur son compte TikTok aux plus de 150 000 abonné·es, Sidney Morss, employée de start-up le jour et comédienne la nuit, met en scène ce type d’échanges entre la Gen Z et ses aîné·es. « Beaucoup de personnes peuvent se reconnaître et partager leurs propres discussions avec des boomers. Mais les commentaires que je reçois le plus prétendent que les jeunes d’aujourd’hui se plaignent trop, qu’ils devraient travailler plus », constate-t-elle. De fait, la critique par les plus jeunes de la génération actuellement aux manettes est devenue un classique sur les réseaux sociaux.

S’il est difficile d’englober sous un même terme une population, la « génération Z » serait cet ensemble de jeunes né·es après 1995 et qui ont grandi pendant la  révolution numérique. Ces digital natives, qui seraient venu·es au monde avec un smartphone dans la main, sont devenu·es adultes dans un monde traversé par des crises sociales, sanitaires, écologiques. Les réseaux sociaux constituent un de leurs modes d’expression et d’information; la e-réputation et le marketing de soi sont indissociables de leur place dans le monde. Aujourd’hui, la « Gen Z » s’apprête à entrer sur le marché de l’emploi. Au-delà des vidéos satiriques sur la culture d’entreprise et sa hiérarchie, ou au sujet des réflexions problématiques de leurs aîné·es, les plus jeunes semblent avoir un rapport au travail bien différent de leurs parents et leurs patron·nes : démissions en série pour poursuivre leurs rêves d’aventures, critique du capitalisme et des notions de productivité, mise en avant de la santé mentale et des valeurs écologiques.

Pauline Ferrari
Pauline Ferrari
Journaliste Tech
Mes domaines de prédilections : nouvelles technologies, féminismes, sexualités, cultures web et tréfonds d'internet.