Après l'élection présidentielle, vous avez affirmé que vous ne croyiez plus en la capacité des responsables politiques à prendre des mesures pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi ?

Je tiens à préciser que ce n’est pas une attaque contre le personnel politique. Mais un constat de l’incapacité du système à prendre les décisions qui seraient nécessaires pour atteindre notamment les objectifs de l’Accord de Paris. Il faut se rendre compte que nous aurions besoin d’un virage à 90 degrés. En démocratie, tout ce que les responsables politiques pourraient faire, c’est infléchir un peu le bateau à bâbord ou à tribord. Un gouvernement, de gauche comme de droite, doit contenter des intérêts divers, voire contradictoires. Aucun ne pourra faire la manœuvre nécessaire pour ce virage à 90 degrés. J’avoue avoir espéré, notamment au moment des mobilisations des jeunes vers 2018-2019, qu’il y aurait une forme de basculement de la société et que tout le monde serait d’accord pour opérer ce virage. Mais ça n’est pas venu. Aujourd’hui, je dirais qu’il y a une forme de consensus mou au sujet du climat. Tout le monde est d’accord pour prendre quelques mesures, faire quelques efforts. Mais c’est très, très loin de ce qui serait nécessaire.

Sylvie Fagnart
Sylvie Fagnart
Plume Journaliste